Un proche atteint de schizophrénie : comprendre et accompagner
Votre fils, votre sœur ou votre conjoint vit avec une schizophrénie, et vous ne savez plus s'il faut le contredire, le rassurer, insister sur le traitement ou vous taire. Ce guide explique ce que vit la personne, ce que la recherche a montré sur le rôle des familles, comment parler pour apaiser, repérer tôt une rechute et préparer un plan à l'avance. Il parle aussi de vous, de votre fatigue et de l'aide à laquelle vous avez droit.
Dr Zayan Al-Falasi, médecin-psychiatre
En bref
Ce guide s'adresse aux proches d'une personne atteinte de schizophrénie : parents, conjoints, frères et sœurs, enfants devenus adultes, amis. Il part de résultats solides : les familles qui reçoivent une information et un soutien organisés voient diminuer les rechutes et les hospitalisations, le traitement réduit nettement le risque de rechute, et les proches aidés vont eux-mêmes mieux. Il propose des façons de parler qui font baisser la tension, une méthode pour repérer les signes précoces et écrire un plan de crise avec la personne, des repères sur les médicaments, le cannabis et le risque suicidaire, et un plan de huit semaines pour commencer.
- Thématique
- Psychoses
- Pour qui
- Pour un proche
- Langues
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Le programme
Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace pas une consultation. Si votre proche parle de mourir ou de se faire du mal, contactez le jour même son équipe ou son médecin. Appelez les services d'urgence de votre pays si un geste a commencé, s'il dit ne plus pouvoir se mettre en sécurité, si des voix lui ordonnent de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu'un, s'il se met en danger, s'il ne mange plus et ne boit plus, ou si vous craignez pour votre sécurité ou pour celle d'un enfant. Une forte fièvre accompagnée d'une raideur des muscles et d'une confusion, chez une personne qui prend un médicament contre la psychose, est aussi une urgence médicale. Si les signes d'une rechute reviennent, prévenez rapidement l'équipe qui le suit ou son médecin (sections 11 et 15). Ne conseillez jamais à votre proche d'arrêter ou de modifier seul un traitement prescrit. Comptez cinquante minutes de lecture.
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Ce que contient la suite
- 3. Ce que vit votre proche
- 4. Ce que vivent les proches
- 5. Ce que dit la recherche, et ce qu'elle n'établit pas
- 6. La psychoéducation familiale
- 7. Faire le point avant d'agir
- 8. La communication qui apaise
- 9. Quand il ne se pense pas malade
- 10. Les soins : ce qu'un proche a besoin de savoir
- 11. Les signes précoces de rechute
- 12. Le plan prévu à l'avance
- 13. Le cannabis, l'alcool et le tabac
- 14. Le risque suicidaire
- 15. La crise, l'hospitalisation et l'après
- 16. La vie de tous les jours
- 17. Prendre soin de vous
- 18. Les situations particulières
- 19. Huit semaines, pas à pas
- 20. Quand consulter, et vers qui
- 21. Questions fréquentes
- 22. À retenir
- 23. Sources et fondements
Questions fréquentes
Est-ce que c'est notre faute ? Non. La schizophrénie naît d'une vulnérabilité en grande partie héritée, qui rencontre d'autres facteurs, et aucune façon d'élever un enfant ne la provoque. Le climat familial peut influencer les rechutes, mais il s'améliore quand la famille est aidée.
Faut-il lui dire que ses idées sont fausses ? Pas sous forme de débat, qui renforce la conviction. Reconnaissez son émotion, dites brièvement que vous voyez les choses autrement, puis revenez à ce que vous pouvez faire ensemble.
Il refuse son traitement. Que puis-je faire ? Écoutez d'abord ses raisons, souvent des effets indésirables ou la honte, et encouragez-le à les dire au psychiatre. Partez de ce qu'il veut pour sa vie plutôt que du diagnostic (section 9).
Est-il dangereux ? Dans la grande majorité des cas, non, et les personnes atteintes sont bien plus souvent victimes que les autres (section 5). Si vous vous sentez menacé, mettez-vous à l'abri et appelez les secours.
Va-t-il guérir ? Les parcours sont très variés : au moins une personne sur trois voit ses symptômes disparaître, et beaucoup d'autres vont nettement mieux. Un traitement poursuivi, l'arrêt du cannabis et une famille aidée réduisent le risque de rechute.
Mes autres enfants risquent-ils de tomber malades ? Leur risque est plus élevé que dans la population générale, mais la grande majorité ne développera jamais la maladie (section 18). Une forte consommation de cannabis étant associée à un risque accru de psychose, les aider à l'éviter, surtout à l'adolescence, est une précaution utile, tout comme leur permettre de parler de ce qu'ils vivent.
Comment savoir si c'est une rechute ou une mauvaise journée ? Une mauvaise journée passe. Un début de rechute dure plusieurs jours et ressemble aux débuts des rechutes précédentes (section 11). En cas de doute, appelez son référent : ce n'est jamais un dérangement inutile.
Il passe ses journées au lit. Est-ce de la paresse ? Non : le manque d'élan fait partie de la maladie (section 3). Parlez-en au médecin, car une dépression ou la somnolence due au traitement peuvent l'aggraver, et proposez de petites activités faites avec vous (section 16).
Peut-on l'hospitaliser contre son gré ? Dans la plupart des pays, oui, dans des conditions strictes que décrit la section 15. En cas de danger immédiat, appeler les secours est toujours légitime.
Que dire à la famille, aux amis, aux voisins ? Ce que votre proche accepte qu'on dise, de préférence décidé avec lui. Une phrase simple suffit souvent : « Il a une maladie qui se soigne, il est suivi, et ce qui l'aide le plus, c'est qu'on continue à le traiter normalement. »