Quand un parent a un trouble psychique : accompagner l'enfant et l'adolescent
Une mère qui ne se lève plus, un père hospitalisé, un parent qui boit ou qui entend des voix : beaucoup d'enfants grandissent auprès d'un parent qui a un trouble psychique, et la plupart d'entre eux ne développeront pas sa maladie. Ce guide explique ce que vit l'enfant, ce que la recherche a établi sur le risque et sur ce qui le protège, et comment lui parler de la maladie selon son âge, traverser une hospitalisation, éviter qu'il devienne l'aidant de la famille et préserver sa vie d'enfant. Il propose un plan de huit semaines et dit quand demander de l'aide.
Dr Zayan Al-Falasi, médecin-psychiatre
En bref
Dépression, trouble bipolaire, schizophrénie, troubles anxieux, trouble borderline, alcool ou drogues, troubles après une naissance : quand un parent est malade, l'enfant voit, imagine et se tait souvent. Ce guide part de ce que la recherche a montré : le risque pour l'enfant est augmenté sans être un destin, les protections s'additionnent, comprendre ce qui arrive aide l'enfant à ne pas porter seul sa culpabilité et ses peurs, et soigner le parent aide aussi l'enfant. Il donne des mots pour expliquer la maladie au petit enfant, à l'écolier et à l'adolescent, décrit ce qu'il faut prévoir avant une hospitalisation ou une crise, aide à reconnaître l'enfant qui porte trop, et consacre une section au parent malade lui-même, puis une autre à l'autre parent et aux proches. Il présente enfin les aides qui ont été évaluées, les signes qui doivent alerter et les situations où la sécurité de l'enfant passe avant tout.
- Thématique
- Enfants & parents · Dépression & humeur · Psychoses
- Pour qui
- Pour un proche
- Langues
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Le programme
Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace pas une consultation. Si un parent parle de mourir ou de faire du mal à son enfant, s'il a commencé à se faire du mal, ou s'il tient sur son enfant des propos sans lien avec la réalité, mettez d'abord l'enfant à l'abri, puis appelez les services d'urgence de votre pays. Si c'est l'enfant ou l'adolescent qui parle de mourir ou se fait du mal, ne le laissez pas seul et demandez de l'aide le jour même ; une ligne de prévention du suicide peut aussi vous conseiller, et il est utile de vous renseigner dès maintenant sur celle de votre pays. Si vous pensez qu'un enfant est maltraité ou gravement négligé, contactez les services de protection de l'enfance de votre pays. Ce guide ne recommande aucun médicament et ne remplace pas l'avis des soignants du parent ni de ceux de l'enfant. Comptez une heure de lecture.
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Ce que contient la suite
- 3. Ce que dit la recherche
- 4. Ce qui protège un enfant
- 5. Parler de la maladie à l'enfant
- 6. Quand le parent est hospitalisé ou en crise
- 7. Quand l'enfant devient l'aidant
- 8. Garder une vie d'enfant
- 9. Si vous êtes le parent qui a un trouble
- 10. Si vous êtes l'autre parent, un grand-parent ou un proche
- 11. L'école et les autres adultes
- 12. Les signes qu'un enfant va mal, et comment réagir
- 13. Les situations particulières
- 14. Les aides qui ont été évaluées
- 15. Quand demander de l'aide, et à qui
- 16. Huit semaines, pas à pas
- 17. Questions fréquentes
- 18. À retenir
- 19. Sources et fondements
Questions fréquentes
Va-t-il avoir la même maladie que son parent ? Son risque est plus élevé que celui des autres enfants, mais la plupart des enfants de parents malades ne développent pas la maladie de leur parent. Quand ils ont des difficultés, ce sont souvent des troubles anxieux ou dépressifs, qui se soignent. Ce qui l'aide aujourd'hui, c'est de comprendre, d'être entouré et d'avoir une vie à lui.
Il est trop petit pour comprendre. Faut-il vraiment lui en parler ? Oui, avec des mots à sa mesure. Même très jeune, il perçoit les changements, et s'il ne reçoit pas d'explication, il en invente une, souvent fondée sur sa propre culpabilité. Quelques phrases simples, répétées, suffisent.
Faut-il l'emmener voir son parent à l'hôpital ? Cela dépend de son âge, de son envie, de l'état du parent et des lieux, et aucune règle ne vaut pour tous. Préparez la visite, gardez-la courte, faites-le accompagner par un adulte qu'il connaît, et ne le forcez jamais (section 6).
Si je parle de mes enfants à mon psychiatre, risque-t-on de me les retirer ? Cette crainte est fréquente et compréhensible, et la section 9 y répond en détail. Le guide britannique du SCIE demande aux professionnels d'expliquer aux parents que repérer un besoin de soutien doit servir à éviter les mesures de protection de l'enfance, et non à les déclencher. Personne ne peut promettre qu'aucune mesure ne sera jamais prise, car les soignants doivent agir si un enfant est en danger, et ces situations sont décrites à la section 13. En dehors d'elles, parler tôt de vos enfants à votre équipe sert surtout à mettre un soutien en place.
Mon adolescent m'aide beaucoup, et il dit qu'il aime ça. Est-ce un problème ? Pas nécessairement : aider peut rendre fier et rapprocher. Ce qui compte, c'est qu'il garde son école, ses amis, son sommeil et ses loisirs, que son aide soit reconnue, et qu'il ne porte pas des responsabilités d'adulte comme le traitement ou la sécurité de son parent (section 7).
Doit-il voir un psychologue ? Pas par principe. Beaucoup d'enfants vont bien avec des adultes qui leur expliquent et les entourent. Un psychologue est utile si des signes durent plusieurs semaines, si l'enfant a vécu une crise marquante ou s'il porte trop de choses. Un programme familial, quand il existe, peut aussi aider un enfant qui va bien, puisqu'il vise justement à prévenir les difficultés.