La dépression de l'enfant et de l'adolescent : guide des parents
Il claque les portes, ne voit plus ses amis et dort jusqu'à quatorze heures le samedi ; elle a mal au ventre tous les matins et répète qu'elle est nulle. Ce guide aide à reconnaître une dépression derrière l'irritabilité ou le repli, à poser la question du suicide sans détour et à protéger la maison. Il décrit les soins qui ont fait leurs preuves, ce que l'on sait honnêtement des médicaments chez le jeune, et une méthode en sept étapes que vous pouvez commencer dès cette semaine.
Dr Zayan Al-Falasi, médecin-psychiatre
En bref
Ce guide s'adresse aux parents d'un enfant de six à douze ans environ ou d'un adolescent de douze à dix-sept ans qui va mal, que la dépression ait déjà été diagnostiquée ou que vous la redoutiez seulement, ainsi qu'aux adultes qui élèvent cet enfant avec vous. Il s'appuie sur les recommandations britanniques et françaises et sur les grandes études pour expliquer comment la dépression se montre à chaque âge, combien de jeunes elle touche, ce qui la favorise et ce qui l'entretient, et ce que valent les psychothérapies et les médicaments. Il donne ensuite les gestes de sécurité face au risque suicidaire, une méthode en sept étapes pour la vie de tous les jours, un plan sur six semaines et des repères pour consulter au bon moment et prévenir les rechutes. Il parle enfin de ce que vous traversez vous-même, et de la raison pour laquelle prendre soin de vous aide aussi votre enfant.
- Thématique
- Dépression & humeur · Enfants & parents
- Pour qui
- Pour un proche
- Langues
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Le programme
Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace pas une consultation. Appelez immédiatement les services d'urgence de votre pays, et restez avec votre enfant, s'il vient de faire une tentative de suicide, même sans gravité apparente, s'il a avalé des médicaments ou un produit dangereux, s'il dit qu'il va passer à l'acte, ou s'il a un projet précis et un moyen à portée de main. S'il dit penser à mourir sans qu'aucune de ces situations soit présente, ne le laissez pas seul, mettez sous clé les médicaments de la maison et demandez un avis le jour même à son médecin ou à la ligne de prévention du suicide de votre pays, sur laquelle vous pouvez vous renseigner dès maintenant (section 7). Une exaltation inhabituelle, avec une énergie débordante et très peu de sommeil sans fatigue, doit aussi faire consulter rapidement (section 13). Aucun médicament ne se commence, ne se modifie ni ne s'arrête sans le médecin qui le prescrit. Comptez cinquante minutes de lecture.
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Ce que contient la suite
- 3. Une dépression qui change de visage avec l'âge
- 4. Combien de jeunes sont touchés
- 5. D'où elle vient : ce qui augmente le risque, ce qui protège
- 6. Ce qui entretient la dépression
- 7. Le risque suicidaire : savoir, demander, protéger
- 8. Les soins qui ont fait leurs preuves
- 9. Les médicaments : ce que l'on sait chez le jeune
- 10. Vers qui se tourner, et comment le dire
- 11. Ce que vous pouvez faire : une méthode en sept étapes
- 12. Six semaines, pas à pas
- 13. Les situations particulières
- 14. Les rechutes : les reconnaître et les prévenir
- 15. Questions fréquentes
- 16. À retenir
- 17. Sources et fondements
Questions fréquentes
Comment savoir si c'est une dépression ou la crise d'adolescence ? Regardez la durée, l'envahissement et le retentissement : une dépression dure au moins deux semaines, presque tous les jours, déborde sur le sommeil et les loisirs, et le fait décrocher de l'école ou de ses amis. En cas de doute, consultez.
Il rit avec ses amis le soir. Peut-il être déprimé quand même ? Oui. L'humeur d'un adolescent déprimé reste souvent capable de s'éclairer, et la recommandation française cite ce trait parmi les raisons pour lesquelles la dépression passe inaperçue.
Lui demander s'il pense au suicide, n'est-ce pas risquer de lui donner l'idée ? Non. Un essai mené dans des lycées américains, une revue des études publiées et la Haute Autorité de santé concluent que poser la question ne fait naître ni les idées ni le passage à l'acte. La poser lui montre que ce sujet peut se dire avec vous.
Est-ce de notre faute ? Non. La dépression naît de plusieurs facteurs qui se combinent, dont beaucoup échappent aux parents, comme l'hérédité ou le harcèlement. Les critiques ou les conflits à la maison peuvent peser, mais ils se changent : ce que vous faites maintenant compte bien plus que ce que vous auriez pu faire autrement.
Faut-il lui confisquer son téléphone ? Pas comme mesure principale : cela coupe aussi ses liens avec ses amis et pousse aux comptes cachés. Le téléphone hors de la chambre la nuit, pour toute la famille, et une conversation sans jugement sur ce qu'il voit en ligne sont plus utiles.
Il refuse de voir un psychologue. Que faire ? Consultez seul pour être conseillé, proposez une étape plus petite comme le médecin de famille, et laissez-lui choisir ce qui peut l'être. En cas de danger immédiat, son refus ne vous empêche pas d'appeler les secours.
Les antidépresseurs sont-ils dangereux pour un adolescent ? Ils augmentent légèrement le risque d'idées et de gestes suicidaires, sans qu'aucun suicide ait eu lieu dans les essais, ce qui justifie une surveillance rapprochée, surtout au début du traitement. Une dépression non soignée comporte aussi un risque. Ils se réservent aux formes modérées à sévères, avec une psychothérapie, et la décision se prend avec le médecin.
Faut-il l'arrêter de l'école ? Rarement de façon complète. Un allègement temporaire et un adulte référent aident, alors qu'un retrait prolongé rend le retour de plus en plus difficile.
Moi aussi, je suis déprimé. Est-ce que cela change quelque chose pour mon enfant ? Oui, et c'est une raison de vous faire soigner : dans une étude américaine, les troubles des enfants diminuaient quand la dépression de leur mère guérissait sous traitement.
Il va mieux. Peut-on arrêter les soins ? Pas sans en parler aux soignants. Les rechutes sont fréquentes, le NICE prévoit un suivi régulier pendant un an après la rémission, et un médicament s'arrête progressivement, avec le médecin.