Mon adolescent se fait du mal : comprendre l'automutilation et l'aider
Des marques sur un avant-bras, des manches longues en plein été, un mouchoir taché au fond d'une poubelle : découvrir que son enfant se blesse bouleverse. Ce guide explique à quoi sert ce geste, ce qu'il dit du risque suicidaire et pourquoi il faut toujours poser la question. Il décrit ensuite ce qu'il faut faire : réagir sans punir ni promettre le secret, reconnaître les urgences, sécuriser la maison sans la transformer en prison, et trouver les soins qui ont fait leurs preuves.
Dr Zayan Al-Falasi, médecin-psychiatre
En bref
Ce guide s'adresse aux parents, et plus largement aux adultes qui élèvent un adolescent, qui ont découvert ou soupçonnent qu'il se fait du mal. Il s'appuie sur la recommandation britannique de référence sur l'automutilation, publiée en 2022, et sur les travaux de recherche les plus solides : combien de jeunes sont concernés, à quoi sert le geste, comment il se relie au suicide, ce qui aide et ce qui aggrave. Il propose une conduite à tenir pour les premières heures, une manière de parler du suicide sans détour, des mesures de sécurité réalistes et un plan pour les quatre premières semaines. Il aborde aussi l'école, les réseaux sociaux, les frères et sœurs, et ce que vous traversez vous-même.
- Thématique
- Enfants & parents · Émotions · Dépression & humeur
- Pour qui
- Pour un proche
- Langues
- FR · EN · DE · IT · ES · ZH · AR
Français · English · Deutsch · Italiano · Español · 中文 · العربية
Le programme
Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace pas une consultation. Appelez immédiatement les services d'urgence si votre adolescent a avalé plus de médicaments que la dose prévue, ou un produit dangereux, même s'il dit aller bien : certains effets n'apparaissent qu'après plusieurs heures. Appelez-les aussi pour une plaie qui saigne beaucoup malgré une pression ferme, une plaie profonde ou une brûlure étendue, s'il vient de se faire du mal en voulant mourir, s'il dit qu'il va passer à l'acte, s'il a un projet précis ou un moyen à portée de main, s'il est confus ou très somnolent, ou si vous ne pouvez pas assurer sa sécurité : restez alors avec lui. S'il dit penser au suicide sans qu'aucune de ces situations soit présente, demandez un avis le jour même (section 9). Si vous hésitez, appelez les secours : c'est à eux de juger. Notez dès maintenant le numéro des services d'urgence de votre pays et celui de sa ligne de prévention du suicide, souvent gratuite et joignable jour et nuit, qui répond aussi aux parents ; dans certains pays, on peut la joindre par texto. La section 8 détaille ces situations. Comptez cinquante minutes de lecture.
L'avertissement du début des ressources est masqué.
Réglages de lecture
Vos réglages sont gardés dans ce navigateur. Connectez-vous pour les retrouver sur vos autres appareils.
La suite est réservée aux membres
Créez votre accès pour lire ce programme en entier, ainsi que toutes les autres ressources.
Essai gratuit de 7 jours, puis 9.99 $US par mois. Sans engagement, résiliable en un clic.
Ce que contient la suite
- 3. Une conduite fréquente, et le plus souvent cachée
- 4. À quoi sert le geste
- 5. Le lien avec le suicide, dit avec exactitude
- 6. Ce que dit la recherche, et ce qu'elle n'établit pas
- 7. Ce qui entretient le problème
- 8. Le jour où vous découvrez : les premières heures
- 9. Poser la question du suicide
- 10. Sécuriser la maison sans en faire une prison
- 11. Ne pas surveiller au point d'écraser l'intimité
- 12. Les semaines qui suivent : parler, comprendre, remplacer
- 13. Les soins : vers qui se tourner, et ce qui marche
- 14. L'école
- 15. Les réseaux sociaux, les amis et la contagion
- 16. Les frères et sœurs
- 17. Vos propres émotions, et comment tenir
- 18. Les situations particulières
- 19. Quand consulter, et vers qui
- 20. Les quatre premières semaines, pas à pas
- 21. Questions fréquentes
- 22. À retenir
- 23. Sources et fondements
Questions fréquentes
Mon adolescent dit que ce n'est rien, qu'il gère. Dois-je le croire ? Croyez-le quand il décrit ce qu'il ressent, mais ne le laissez pas décider seul de la suite : beaucoup d'adolescents minimisent, par honte ou pour vous protéger. Un geste contre soi justifie un avis médical dans les jours qui viennent, et la question du suicide se pose même s'il dit gérer.
Est-ce qu'il fait ça pour attirer l'attention ? Rarement au sens où on l'entend. Ces gestes sont souvent cachés, surtout aux adultes, et la raison la plus fréquente est de faire baisser une émotion insupportable. Quand un geste sert aussi à montrer une détresse, cette détresse est réelle.
Est-ce que lui parler du suicide ne risque pas de lui donner l'idée ? Non. Les études qui ont examiné cette question, dont un essai mené dans des lycées américains, ne trouvent aucune augmentation des idées suicidaires chez les jeunes à qui l'on pose la question.
Faut-il aller aux urgences à chaque fois ? Pas pour chaque blessure superficielle, mais toujours dans les situations de la section 8, en particulier après une tentative de suicide, même si la blessure paraît légère, et pour toute prise de médicaments en excès, même s'il dit aller bien. Sinon, un avis médical dans les jours qui suivent suffit, ou le jour même s'il dit penser au suicide.
Faut-il lui demander de me montrer ses bras régulièrement ? Non. Les inspections humilient et apprennent à cacher. Convenez plutôt d'un moment par semaine pour faire le point, et demandez-lui de vous montrer une blessure quand il y en a une, pour qu'elle soit soignée.
Dois-je lui confisquer son téléphone ? Pas comme mesure principale, parce que cela coupe aussi ses liens avec ses amis et pousse aux comptes cachés. Le téléphone hors de la chambre la nuit et une conversation sans jugement sur ce qu'il voit en ligne sont plus utiles.
Est-ce que c'est de ma faute ? L'automutilation naît le plus souvent de plusieurs facteurs qui se combinent, et chercher un coupable n'aide ni vous ni votre enfant. Votre rôle porte sur la suite : sécuriser, réagir calmement, rester disponible et soutenir les soins.
Combien de temps cela va-t-il durer ? On ne peut pas le prédire pour un adolescent en particulier. La plupart des automutilations de l'adolescence cessent avec le temps, et leur fréquence baisse nettement à la fin de l'adolescence. Un nouveau geste pendant les soins est fréquent, même avec le meilleur traitement, et ne signifie pas que tout est perdu.
Il refuse de voir un psychologue. Que faire ? Consultez seul pour être conseillé, gardez le lien, proposez une étape plus petite, comme le médecin de famille qu'il connaît déjà, et laissez-lui choisir ce qui peut l'être. Maintenez la sécurité de la maison. En cas de danger immédiat, son refus ne vous empêche pas d'appeler les secours.
Ses amis se font du mal aussi. Est-ce contagieux ? Il existe bien des phénomènes de contagion à l'adolescence, dans un groupe d'amis ou un établissement. Il ne s'agit pas de couper ces amitiés, mais d'en parler avec lui, de l'encourager à alerter un adulte si un ami est en danger, et de rester attentif.