1. Le programme en un coup d'œil
Indication. Le programme s'adresse à un adulte dont la valeur personnelle dépend presque entièrement de la poursuite d'exigences élevées qu'il s'impose, dans au moins un domaine de sa vie qui compte pour lui, et qui maintient ces exigences malgré ce qu'elles lui coûtent. C'est ce que la littérature appelle le perfectionnisme clinique (section 4). Il peut être le motif principal de la demande, ou un processus qui entretient une anxiété, une humeur basse ou un épuisement. Il suppose que le tri de la section 3 a été fait : un trouble des conduites alimentaires actif, un trouble obsessionnel-compulsif, un épisode dépressif modéré ou sévère ou un risque suicidaire aigu passent avant lui.
Modèle de référence. Une thérapie cognitive et comportementale du perfectionnisme, issue de l'analyse du perfectionnisme clinique de Shafran, Cooper et Fairburn (2002) et du protocole qu'en ont tiré Egan, Wade et coll. (2014). Elle repose sur une formulation personnelle, des expériences comportementales qui mettent les règles à l'épreuve, la réduction des vérifications, de l'évitement et du report, le travail sur les biais d'évaluation et sur l'autocritique, et l'élargissement de ce sur quoi la personne fonde sa valeur. Le manuel la décrit par ses principes publiés, sans reproduire les supports de ses auteurs.
Format. Dix séances individuelles de 50 minutes, la première de 75 minutes, une fois par semaine, puis trois séances de rappel, à un, trois et six mois. Ce format s'inspire du premier essai contrôlé, qui comptait dix séances en huit semaines (Riley et coll., 2007), et du protocole de référence, découpé en dix modules habituellement délivrés en huit semaines (Kothari et coll., 2016). La durée des séances, et celle de la première, sont des choix de ce programme. Les tâches entre les séances sont courtes, et elles peuvent être faites imparfaitement : cela fait partie du traitement.
Mécanisme visé. Le programme ne demande pas à la personne de baisser ses exigences partout. Il vise à détacher sa valeur de ses résultats, à lui faire vérifier par l'expérience ce qui se passe réellement quand elle en fait un peu moins, à supprimer les conduites qui empêchent cette vérification, et à corriger la façon biaisée dont elle juge ce qu'elle a fait.
| Séance |
Objet |
Livrable de séance |
| 1 |
Évaluer, trier, poser le cadre |
Tri fait, risque évalué, mesures de départ, relevé remis |
| 2 |
Le cercle du perfectionnisme |
Cercle personnel dessiné avec des exemples de la semaine |
| 3 |
Ce qu'il rapporte, ce qu'il coûte |
Bilan en quatre cases, trois objectifs, une enquête lancée |
| 4 |
Les premières expériences du « assez bien » |
Deux expériences écrites, une faite en séance |
| 5 |
Vérifier moins, éviter moins, reporter moins |
Limites chiffrées, première étape d'une tâche reportée datée, mesures intermédiaires |
| 6 |
Les lunettes du perfectionnisme |
Trois biais repérés sur des exemples réels, carnet de ce qui a marché |
| 7 |
Ce qui fait sa valeur |
Camembert actuel et souhaité, deux actions datées |
| 8 |
L'autocritique |
Réponse écrite à la voix critique, conduite après une erreur |
| 9 |
Les autres, le repos et le plaisir |
Une imperfection montrée ou datée, deux moments sans enjeu programmés |
| 10 |
Bilan et prévention de la rechute |
Mesures refaites, plan pour la suite écrit |
Ce que la personne emporte. Huit fiches imprimables, listées à la section 32 : un relevé, son cercle, ses expériences, ses limites, ses biais, ce qui fait sa valeur, sa réponse à l'autocritique, et son plan pour la suite.
Ce qui distingue ce programme des autres manuels de ce site. Il traite un processus et non un trouble, ce qui l'oblige à commencer par un tri plus large et à dire quand un autre manuel doit prendre le relais. Il s'adresse souvent à des personnes qui fonctionnent bien en apparence et tiennent à ce qui les fait souffrir. Et il doit sans cesse empêcher le perfectionnisme de s'emparer du traitement lui-même.
2. Avant de commencer
Les quatre décisions préalables
Le perfectionnisme est-il le bon point d'entrée ? C'est la question la plus importante du manuel. Le perfectionnisme est plus élevé chez les personnes atteintes de troubles des conduites alimentaires, de troubles anxieux, dont le trouble obsessionnel-compulsif et l'anxiété sociale, ou de dépression, que chez les personnes qui n'en souffrent pas (Egan et coll., 2011). Quand l'un de ces troubles est au premier plan, il se traite d'abord avec son propre manuel, et le travail sur le perfectionnisme s'y ajoute comme module, au moment où ce manuel le prévoit. Cet ordre est un choix de prudence de ce programme : ces troubles ont des traitements dont l'efficacité est établie, et les essais du traitement du perfectionnisme ont été menés surtout chez des personnes sans trouble constitué (section 11). Les sections 3 et 8 disent comment trancher.
Y a-t-il un risque suicidaire ? Le perfectionnisme est associé aux idées suicidaires, et ce risque se cache souvent derrière une façade de maîtrise (section 9). Il se cherche à la séance 1, puis à chaque point de mesure et après chaque échec ou chaque humiliation.
Y a-t-il un danger pour le corps ? Des exigences portant sur la nourriture, le poids, la silhouette ou le sport, avec une perte de poids, des restrictions ou des vomissements, imposent un avis médical avant tout le reste (section 9).
La personne est-elle épuisée ? Un épuisement professionnel installé change l'ordre du travail : la récupération et la situation de travail passent d'abord, avec Épuisement professionnel (burn-out) : manuel du thérapeute, et le perfectionnisme se traite ensuite, ou dans la séance 5 de ce manuel, consacrée aux règles qui épuisent.
Ce que ce programme ne traite pas
Il ne traite pas un trouble constitué des conduites alimentaires ou un trouble obsessionnel-compulsif, qui ont leur propre manuel et leur propre traitement (section 8).
Il ne traite pas seul une personnalité obsessionnelle-compulsive. Dix séances sont trop courtes pour un mode de fonctionnement ancien et envahissant ; ce programme peut constituer une partie du suivi plus long que décrit son manuel (section 3).
Il ne change pas un environnement qui exige réellement la perfection. Un poste où l'erreur est sanctionnée sans nuance, une famille qui humilie à chaque échec, une compétition sportive de haut niveau : la thérapie aide la personne à distinguer ce qui dépend d'elle, elle ne transforme pas ces contextes (section 27).
Comment l'utiliser
Lisez l'ensemble avant la première séance, en particulier les sections 3, 5, 9 et 26 : le tri, le cercle qui entretient le perfectionnisme, la sécurité et les expériences comportementales. Ce sont les quatre endroits où une erreur coûte le plus. Trois avertissements sont propres à cette demande.
La personne tient à ce qui la fait souffrir. Ses exigences lui ont souvent valu des réussites, de l'estime, une place. Lui dire d'emblée qu'elles sont un problème déclenche une défense, et c'est légitime. Le programme commence par regarder avec elle ce qu'elles lui rapportent et ce qu'elles lui coûtent, et c'est elle qui décide de ce qu'elle veut changer (séance 3).
Le perfectionnisme entre dans la thérapie. Le relevé est tenu avec un soin extrême, la fiche est recopiée au propre, l'expérience du « assez bien » est préparée pendant trois heures. Vous le repérez, vous le nommez avec humour et sans reproche, et vous en faites un objet de travail (section 14).
Votre propre perfectionnisme compte aussi. Vouloir conduire ce programme à la lettre, corriger chaque fiche, ne laisser aucune séance déborder : vous montreriez exactement ce que vous demandez à la personne de lâcher. Un thérapeute qui reconnaît une erreur sans en faire une affaire enseigne davantage qu'un argument.
3. Quatre tableaux à ne pas confondre
Quatre situations se présentent sous le mot « perfectionnisme », et elles n'appellent pas la même conduite.
1. L'exigence qui aide
Ce que vous observez. Une personne vise haut, aime le travail bien fait, s'engage fortement, et en tire de la satisfaction. Une erreur la contrarie, puis elle passe à autre chose. Sa valeur ne se rejoue pas à chaque résultat.
Ce qui oriente. L'absence de peur de l'erreur, la capacité à s'arrêter quand c'est suffisant, et un coût faible pour le sommeil, les relations et le plaisir. La recherche parle ici d'aspirations perfectionnistes, moins liées à la souffrance que les préoccupations perfectionnistes, faites de peur de l'erreur et de doute (sections 4 et 8).
Ce que cela implique. Aucun traitement. Si la personne consulte pour autre chose, ses exigences ne sont pas un objet de travail.
2. Le perfectionnisme clinique, sans trouble constitué
Ce que vous observez. La valeur de la personne dépend presque entièrement de ses résultats dans un ou plusieurs domaines. L'échec déclenche une autocritique sévère ; la réussite ne rassure pas, parce qu'elle est aussitôt jugée trop facile et que la barre remonte. La personne vérifie, refait, reporte, évite, et le paie en temps, en sommeil, en relations.
Ce qui oriente. Le coût, la rigidité des règles, et ce mouvement à deux sorties où l'échec comme la réussite entretiennent le système (Shafran et coll., 2002). Une anxiété, une humeur basse ou une fatigue peuvent l'accompagner sans former un trouble au premier plan.
Ce que cela implique. C'est le programme décrit ici.
3. Le perfectionnisme au service d'un trouble
Ce que vous observez. Les mêmes mécanismes, mais au cœur d'un trouble qui a sa propre logique : la restriction alimentaire de l'anorexie, les vérifications d'un TOC, l'inquiétude permanente de l'anxiété généralisée, la peur d'être jugé de l'anxiété sociale, l'autocritique d'un épisode dépressif.
Ce qui oriente. Ce qui organise la vie de la personne. Si c'est le trouble, c'est lui qui se traite d'abord. Le perfectionnisme est alors un facteur qui entretient le trouble et qui prédit une moins bonne réponse au traitement du TOC, de l'anxiété sociale et de la dépression (Egan et coll., 2011).
Ce que cela implique. Le manuel du trouble d'abord (section 8), avec ce programme comme module, ou après, quand le perfectionnisme reste élevé une fois le trouble amélioré.
4. La personnalité obsessionnelle-compulsive
Ce que vous observez. Un perfectionnisme qui s'inscrit dans un ensemble ancien et envahissant : préoccupation pour l'ordre, les règles et les listes, difficulté à déléguer, à jeter, à dépenser, rigidité morale, émotions tenues à distance, exigences imposées aux proches.
Ce qui oriente. L'ancienneté, l'étendue à tous les domaines, et le fait que la personne vit souvent ses traits comme des vertus et attribue les difficultés aux autres.
Ce que cela implique. Personnalité obsessionnelle-compulsive : manuel du thérapeute, dans un suivi plus long.
Les trois autres choses à avoir écartées
Un trouble du spectre de l'autisme. Le besoin de règles, la recherche d'exactitude et la difficulté à changer de façon de faire peuvent en relever. Ce qui oriente : des difficultés de communication sociale et des intérêts restreints présents depuis l'enfance. Autisme de l'adulte : manuel du thérapeute décrit l'évaluation.
Un épuisement professionnel. Il peut être le prix d'exigences intenables, imposées ou choisies (section 8).
Et un environnement réellement exigeant. Une personne qui vérifie trois fois un dosage dans un service de soins ou un calcul de structure ne fait pas preuve de perfectionnisme clinique : la question est de savoir si la vérification réduit un risque réel, et à quel prix (section 27).
Les trois questions du tri
« Qu'est-ce qui se passe en vous quand vous n'atteignez pas ce que vous vous étiez fixé ? » Elle isole la dépendance de la valeur de soi aux résultats et l'autocritique.
« Et quand vous l'atteignez ? » Elle isole le second mouvement du cercle : la réussite effacée, la barre relevée.
« Est-ce que vos exigences touchent la nourriture, le poids, le corps ou le sport ? Est-ce qu'il vous arrive de devoir vérifier ou refaire une chose jusqu'à ce que ce soit juste, même quand vous savez que c'est inutile ? » Elle cherche les deux troubles qui changent le plus la conduite.
4. Les dimensions du perfectionnisme
Le perfectionnisme a été décrit de plusieurs façons, et ces descriptions ne se recouvrent pas. Les connaître vous aide à lire les études, à choisir une mesure et à reconnaître ce que vit la personne.
Trois directions : vers soi, vers les autres, venu des autres
Hewitt et Flett (1991) ont distingué trois dimensions. Le perfectionnisme orienté vers soi consiste à s'imposer des standards élevés et à se juger sévèrement. Le perfectionnisme orienté vers les autres consiste à exiger la perfection de son entourage. Le perfectionnisme socialement prescrit est la conviction que les autres attendent de vous la perfection et ne vous accepteront qu'à cette condition. Cette troisième dimension fait partie des préoccupations perfectionnistes, les plus liées à la détresse (section 8), et c'est elle qui prédit l'augmentation des idées suicidaires dans le temps (Smith et coll., 2018).
Six facettes, dont la peur de l'erreur
Frost et ses collègues (1990) ont décrit le perfectionnisme par plusieurs facettes : la préoccupation pour les erreurs, les standards personnels, les attentes et les critiques perçues des parents, le doute sur ses propres actions, et l'organisation. La préoccupation pour les erreurs, c'est-à-dire la peur de se tromper et ce qu'une erreur déclenche, est la principale mesure de résultat de plusieurs essais de traitement (section 10).
Deux grandes familles : aspirations et préoccupations
En regroupant ces facettes, les chercheurs ont dégagé deux grandes familles (Stoeber et Otto, 2006). Les aspirations perfectionnistes réunissent les standards personnels élevés et le perfectionnisme orienté vers soi. Les préoccupations perfectionnistes réunissent la peur de l'erreur, le doute, le perfectionnisme socialement prescrit, et le décalage ressenti entre ses attentes et ses résultats (Smith et coll., 2018). Cette distinction structure la plupart des méta-analyses citées dans ce manuel.
La présentation de soi perfectionniste
Hewitt, Flett, Sherry et leurs collègues (2003) ont ajouté une dimension interpersonnelle : le besoin de paraître parfait. Elle comporte trois facettes : se mettre en avant comme parfait, ne jamais laisser voir une imperfection, et ne jamais en parler. En séance, elle peut expliquer qu'une personne minimise ses difficultés, ne dise pas qu'elle va mal, et cache ses idées suicidaires (section 9).
Le perfectionnisme clinique
Shafran, Cooper et Fairburn (2002) ont proposé une définition faite pour la clinique : la dépendance excessive de l'évaluation de soi à la poursuite déterminée, et à l'atteinte, d'exigences personnelles élevées, dans au moins un domaine qui compte, malgré des conséquences négatives. Elle ne décrit pas un trait de personnalité, mais un mécanisme que l'on peut repérer et traiter. C'est la définition de ce manuel.
Ce que la personne décrit
Elle parle rarement de perfectionnisme. Elle décrit un travail qui ne se termine jamais, des mails relus plusieurs fois, des dossiers commencés à la dernière minute faute de pouvoir les faire « correctement », des loisirs devenus des performances, une incapacité à se réjouir d'une réussite, et une voix intérieure qui ne prend jamais de vacances. Les domaines en jeu varient : le travail ou les études, le corps, le sport, la maison, la parentalité, les relations.
5. Ce qui entretient le perfectionnisme clinique
Le modèle cognitif et comportemental décrit un cercle qui se referme quel que soit le résultat (Shafran et coll., 2002 ; Egan, Wade et coll., 2014). Le traitement vise chacun de ses maillons.
La valeur suspendue aux résultats
Au centre du cercle se trouve une évaluation de soi qui repose presque entièrement sur la réussite dans un ou quelques domaines. Ce qui est en jeu dans chaque tâche n'est alors pas la tâche, mais la valeur de la personne. Une méta-analyse de 83 articles a trouvé une association négative moyenne entre préoccupations perfectionnistes et estime de soi, et une association presque nulle avec les aspirations, ce qui soutient indirectement ce modèle (Khossousi et coll., 2024).
Des règles rigides
Les exigences prennent la forme de règles inflexibles, souvent formulées en « je dois » et « il faut » : « je dois relire tout ce que j'envoie », « une note en dessous de 16 est un échec », « je ne peux pas montrer un travail inachevé ». Leur rigidité fait qu'elles sont souvent impossibles à tenir, et qu'un écart minime vaut un échec complet.
La peur de l'échec et les conduites qui la calment
Pour éviter l'échec redouté, la personne adopte des conduites qui la soulagent sur le moment : elle vérifie, refait, compare, demande confirmation, prépare plus que nécessaire, évite les tâches où elle pourrait échouer, et reporte celles qu'elle ne peut pas faire parfaitement. Le report est ici un évitement : une méta-analyse a trouvé une association positive, faible à moyenne, entre préoccupations perfectionnistes et procrastination, et une association négative de même ampleur avec les aspirations (Sirois et coll., 2017).
Ce que ces conduites empêchent. Elles empêchent la personne de découvrir ce qui se passerait si elle en faisait moins. Chaque vérification qui précède une réussite est créditée de la réussite ; aucune expérience ne vient montrer que le résultat aurait été le même sans elle. C'est le mécanisme central, et c'est ce que les expériences comportementales viennent défaire (section 26).
Les lunettes du perfectionniste
L'évaluation de ce qui a été fait est biaisée de façon prévisible. La pensée en tout ou rien classe chaque résultat en réussite totale ou en échec. L'attention sélective retient l'erreur et oublie le reste. La réussite est disqualifiée, attribuée à la facilité de la tâche ou à la chance. Et le double standard juge sévèrement chez soi ce qui serait excusé chez un autre. Ces biais font que la personne a presque toujours l'impression d'avoir échoué.
Les deux sorties du cercle
Si la personne n'atteint pas son standard, elle se critique durement, se sent anxieuse ou abattue, et redouble d'efforts et de vérifications.
Si elle l'atteint, la réussite est disqualifiée, et le standard est revu à la hausse, parce qu'il était « trop facile ». C'est ce second mouvement qui rend le perfectionnisme clinique si coûteux : il n'y a pas de résultat qui permette de s'arrêter (Shafran et coll., 2002).
L'autocritique
Dunkley et ses collègues (2006) ont montré, dans un échantillon d'étudiants et un échantillon de patients souffrant d'hyperphagie boulimique, que l'autocritique rend compte du lien entre perfectionnisme et symptômes dépressifs, anxieux et alimentaires, davantage que la hauteur des standards. C'est pourquoi le programme lui consacre une séance entière (séance 8).
Le rétrécissement de la vie
À force de consacrer son temps aux domaines où elle se juge, la personne délaisse ceux où elle ne se juge pas : les amis, le repos, les loisirs sans enjeu. Sa valeur repose alors sur encore moins de choses, ce qui rend chaque échec plus menaçant. Et quand un loisir subsiste, il devient souvent une performance de plus.
Le cercle complet
Une valeur suspendue aux résultats impose des règles rigides ; la peur de ne pas les tenir pousse à vérifier, à éviter et à reporter, ce qui empêche de découvrir qu'un résultat « assez bon » aurait suffi. Les biais font voir un échec presque partout, l'échec redouble l'autocritique et les efforts, la réussite fait remonter la barre, et la vie se rétrécit. C'est le cercle que vous dessinez avec la personne à la séance 2.