Faire face au cancer : les émotions, la peur de la récidive, les proches
Avoir peur, être triste ou en colère après l'annonce d'un cancer n'a rien d'anormal, et votre moral ne décide pas de l'évolution de la maladie. Ce guide aide à distinguer la détresse attendue d'une dépression ou d'un trouble anxieux, puis propose une méthode pas à pas contre ce qui pèse le plus : la fatigue, les nuits, l'attente des examens, la peur que le cancer revienne, le corps changé, le silence dans la famille. Il dit aussi ce qui aide quand la maladie avance, et comment les proches peuvent tenir.
Dr Zayan Al-Falasi, médecin-psychiatre
En bref
Ce guide s'adresse aux personnes atteintes d'un cancer, à celles qui ont terminé leurs traitements, et à leurs proches. Il explique ce que la maladie fait à la vie psychique à chacune de ses étapes, de l'annonce à l'après-cancer et à la maladie qui avance, et ce que la recherche a établi sur les aides qui marchent. Il propose ensuite une méthode en huit étapes, avec des exercices à faire dès cette semaine, et dit clairement quand et vers qui se tourner, en particulier si des idées de mort apparaissent.
- Thématique
- Stress & burnout · Dépression & humeur · Deuil
- Pour qui
- Pour soi
- Langues
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Le programme
Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace pas une consultation. Si vous pensez à vous donner la mort, ou si vous souhaitez que tout s'arrête ou que votre mort soit hâtée, dites-le le jour même à votre équipe soignante, à votre médecin ou à une ligne de prévention du suicide ; en cas de danger immédiat, appelez les services d'urgence de votre pays (voir la section 18). Si une personne malade devient soudain confuse, ne se repère plus, tient des propos incohérents, somnole ou s'agite de façon inhabituelle, prévenez son médecin le jour même : ce changement a souvent une cause médicale qui se traite, comme un médicament mal toléré ou un manque d'eau (voir la section 21). Les signes physiques pour lesquels votre équipe vous a demandé d'appeler sans attendre passent avant toute lecture. Ne modifiez jamais seul un traitement prescrit. Comptez cinquante-cinq minutes de lecture.
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Ce que contient la suite
- 3. Détresse attendue, dépression, anxiété : faire la différence
- 4. Les étapes de la maladie
- 5. Ce qui entretient la détresse
- 6. Ce que dit la recherche, et ce qu'elle n'établit pas
- 7. Étape 1 : faire le point
- 8. Étape 2 : un problème à la fois
- 9. Étape 3 : la fatigue et l'énergie
- 10. Étape 4 : le sommeil
- 11. Étape 5 : l'inquiétude et l'attente des examens
- 12. Étape 6 : la peur de la récidive
- 13. Étape 7 : le corps, l'image de soi et la sexualité
- 14. Étape 8 : le couple et l'entourage
- 15. Parler aux enfants
- 16. Le retour au travail
- 17. Quand la maladie avance
- 18. Le souhait de mourir et les idées suicidaires
- 19. Pour les proches aidants
- 20. Les médicaments et les médecines complémentaires
- 21. Les situations particulières
- 22. Quand consulter, et vers qui
- 23. Six semaines, pas à pas
- 24. Questions fréquentes
- 25. À retenir
- 26. Sources et fondements
Questions fréquentes
Faut-il rester positif pour guérir ? Non. Les études ne montrent pas que l'esprit combatif prolonge la vie, ni que le découragement favorise la récidive. Le découragement se soigne parce qu'il pèse sur votre vie, pas parce qu'il menacerait votre guérison.
Comment savoir si c'est une dépression, et pas seulement la fatigue des traitements ? Regardez les signes psychologiques plutôt que physiques : la perte de tout plaisir, le sentiment d'être nul ou coupable, le désespoir, les idées de mort. S'ils sont là presque tous les jours depuis plus de deux semaines, parlez-en à votre médecin. Une dépression chez une personne malade se traite.
Mes examens sont bons. Pourquoi ai-je encore si peur ? Parce que la peur de la récidive est très répandue après un cancer, et qu'un bon résultat ne garantit pas l'avenir. Elle devient un problème quand elle occupe vos journées et vous empêche de faire des projets, et elle se travaille alors, comme le décrit la section 12.
Les traitements sont finis depuis des mois, et je suis toujours épuisé. Est-ce normal ? C'est fréquent, et ce n'est pas de la paresse. Parlez-en d'abord à votre médecin, pour rechercher une cause qui se traite. L'activité physique adaptée et certaines thérapies centrées sur la fatigue ont fait leurs preuves après la fin des traitements.
Que dire à mes enfants ? Des mots simples et vrais, adaptés à leur âge : le nom de la maladie, ce qui va changer pour eux, et que ce n'est la faute de personne. La section 15 détaille comment.
Mon conjoint ne parle jamais de la maladie. Que faire ? Il se tait peut-être pour vous protéger. Proposez une conversation où chacun parle de soi, sans chercher à rassurer ni à résoudre (section 14). S'il refuse, respectez-le, et trouvez une autre personne à qui parler.
Voir un psychologue, est-ce que cela veut dire que je ne fais pas face ? Non. Consulter sert quand la détresse se fige ou empêche de vivre, et les aides sont d'autant plus utiles que la détresse est forte. C'est une façon de faire face, pas un aveu d'échec.
Il m'arrive de souhaiter que tout s'arrête. Dois-je le dire ? Oui, le jour même, à votre équipe ou à votre médecin. Ce souhait est une réaction à une souffrance, et ce qui le nourrit, comme une dépression, un désespoir ou une douleur mal soulagée, peut souvent être soigné. Il peut aussi contenir des idées suicidaires, qu'on ne peut pas toujours en distinguer. En parler ne fait pas de mal.
Les soins palliatifs, est-ce que cela veut dire la fin ? Non. Ils visent à soulager les symptômes et la souffrance, et peuvent commencer tôt, à côté des traitements du cancer, avec des bénéfices sur la qualité de vie et l'humeur (section 17).
Je suis le proche. Comment aider sans m'épuiser ? En proposant une aide concrète et datée, en écoutant sans corriger, et en vous gardant un moment à vous chaque semaine. Les aides destinées aux proches réduisent le sentiment de fardeau : demander du soutien fait partie de l'aide que vous apportez.