AnxiétéPour soi55 min de lecture

Comprendre et apaiser l'anxiété

Ce qui vous soulage sur le moment est ce qui entretient l'anxiété. Ce programme explique l'exposition dès les premières pages, puis la met en œuvre en huit étapes précises, de l'observation au plan de rechute.


Dr Zayan Al-Falasi, médecin-psychiatre

En bref

Ce programme s'adresse à un adulte qui vit avec trop d'anxiété. Il repose sur la thérapie cognitivo-comportementale, le traitement psychologique le mieux établi des troubles anxieux. Il est organisé en quatre parties : comprendre le mécanisme, suivre un programme d'exposition en huit étapes, l'adapter à votre forme d'anxiété, et traiter ce qui gravite autour — respiration, corps, médicaments.

Thématique
Anxiété
Pour qui
Pour soi
Langues
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Le programme

Ce programme accompagne un suivi, il ne le remplace pas. Il décrit les critères que les cliniciens utilisent, mais lire une description ne permet pas de se diagnostiquer : seul un professionnel peut le faire, après un entretien et l'exclusion d'autres explications — dont des causes médicales, décrites à la section 27. Ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative, et en particulier n'arrêtez pas seul une benzodiazépine (la famille de médicaments à laquelle appartiennent la plupart des tranquillisants) : l'arrêt brutal peut provoquer des symptômes sévères. Si vous avez des idées suicidaires, contactez aujourd'hui les services d'urgence de votre pays ou une ligne d'écoute (voir la section 31). Si vous ne parvenez plus à sortir de chez vous, ou si vous buvez pour tenir la journée, prenez rendez-vous cette semaine plutôt que de commencer ce programme seul.

L'avertissement du début des ressources est masqué.

1. Avant de commencer

Vous vérifiez trois fois avant de partir. Vous préparez ce que vous allez dire au téléphone. Vous choisissez la place près de la sortie, celle d'où vous pourrez partir. Vous ne prenez plus l'autoroute, ou plus l'ascenseur, ou plus la parole en réunion. Vous vous réveillez avec une boule au ventre sans savoir pourquoi. Et vous avez développé, année après année, un ensemble de précautions si naturelles que vous ne les voyez plus — qui font que la vie tient, et qui font aussi que rien ne change.

Ce programme est fait pour cette situation. Il applique la thérapie cognitivo-comportementale, le traitement psychologique le mieux évalué des troubles anxieux chez l'adulte, que les recommandations internationales placent en première intention, c'est-à-dire à proposer en premier.

Il contient une idée désagréable, et il vaut mieux l'annoncer tout de suite : ce qui vous soulage sur le moment est presque toujours ce qui maintient l'anxiété. Éviter, vérifier, se rassurer, préparer, s'accompagner, boire un verre avant — chacun de ces gestes fonctionne dans la minute, et chacun apprend à votre cerveau que la situation était bien dangereuse et que vous n'avez échappé au pire que de justesse.

Le traitement consiste donc à faire l'inverse. Cela porte un nom, l'exposition, et c'est le sujet de la section suivante — placée tout de suite parce que tout le reste en dépend.

2. L'exposition, en deux minutes

C'est le mot central de ce programme, il revient à chaque page, et il est mal compris presque partout. Voici ce qu'il désigne exactement.

L'exposition consiste à entrer volontairement dans une situation que vous redoutez, à y rester assez longtemps pour voir ce qui arrive réellement, et à le faire sans les petits gestes dont vous vous servez d'habitude pour rendre la chose supportable.

Un exemple, plus parlant qu'une définition.

Claire ne prend plus l'ascenseur depuis quatre ans. Quand elle n'a pas le choix, elle y entre en tenant son téléphone, elle se répète « ça va aller » et elle sort au premier étage possible. Elle en est ressortie des dizaines de fois sans qu'il ne se passe rien — et elle a toujours aussi peur.

Une exposition, pour elle, ce serait : décider à l'avance de monter trois étages, écrire avant d'entrer ce qu'elle craint précisément (« je vais suffoquer et appeler à l'aide au bout de trente secondes »), poser le téléphone dans son sac, ne rien se répéter, regarder les boutons et les gens plutôt que ses propres sensations, et rester jusqu'au troisième étage même si la peur monte. Puis noter, en sortant, ce qui s'est réellement passé.

Ce qu'elle découvre en le faisant quatre ou cinq fois n'est pas « l'ascenseur n'est pas dangereux » — elle le savait déjà. Ce qu'elle découvre, c'est que sa prédiction était fausse, et qu'elle a tenu sans la béquille. C'est cette découverte-là, et elle seule, qui fait baisser la peur.

Pourquoi comprendre ne suffit pas

C'est la question que tout le monde pose. Vous savez parfaitement qu'un ascenseur ne tue pas, que les gens en réunion ne vous jugent pas, que vos palpitations ne sont pas un infarctus. Et cela ne change rien.

La raison est simple : le système de la peur n'apprend pas par le raisonnement, il apprend par l'expérience. Un argument s'adresse à la partie de vous qui savait déjà. L'expérience s'adresse à celle qui a peur. C'est pour cela qu'aucune quantité de lecture — y compris celle-ci — ne remplace le fait d'aller voir.

Ce que l'exposition n'est pas

Ce n'est pas serrer les dents. Endurer une situation en attendant que ça passe, en se distrayant ou en surveillant sa montre, ne produit aucun apprentissage. On peut être physiquement présent et mentalement absent.

Ce n'est pas se jeter à l'eau. On ne commence pas par ce qui fait le plus peur. On construit une échelle, et on monte marche par marche — c'est l'étape 3 du programme.

Ce n'est pas rester calme. L'objectif n'est pas de traverser la situation sereinement. Une exposition réussie peut être franchement désagréable ; ce qui compte est d'y être allé, d'y être resté, et d'avoir constaté l'écart avec ce qu'on prévoyait.

Ce n'est pas subir. Chaque exercice est choisi par vous, préparé à l'avance, d'une difficulté que vous fixez. C'est précisément ce qui distingue l'exposition d'une épreuve traumatisante.

Où cela se passe dans ce programme

Les sections 3 à 8 expliquent pourquoi cela marche. Les sections 9 à 17 vous font le faire, étape par étape. Si vous ne deviez retenir qu'une phrase de tout ce texte, ce serait celle en gras au début de cette section.


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Ce que contient la suite

  • 3. À quoi sert l'anxiété
  • 4. Ce qui se passe dans le corps
  • 5. Le moteur : l'évitement et les béquilles
  • 6. Pourquoi l'exposition marche
  • 7. Les formes de l'anxiété
  • 8. Ce que la recherche a montré
  • 9. Le programme en huit étapes — vue d'ensemble
  • 10. Étape 1 — Observer pendant une semaine
  • 11. Étape 2 — Lister vos évitements et vos béquilles
  • 12. Étape 3 — Construire votre échelle
  • 13. Étape 4 — Votre première exposition
  • 14. Étape 5 — Répéter, varier, monter
  • 15. Étape 6 — Retirer les béquilles
  • 16. Étape 7 — Reprendre ce que vous aviez abandonné
  • 17. Étape 8 — Consolider et écrire votre plan de rechute
  • 18. Si c'est l'anxiété sociale
  • 19. Si ce sont les attaques de panique
  • 20. Si c'est l'anxiété généralisée
  • 21. Quand l'exposition ne marche pas
  • 22. La respiration et la relaxation : utiles, et piégeuses
  • 23. La pleine conscience et l'acceptation
  • 24. Le corps : sport, caféine, alcool, sommeil
  • 25. Les médicaments
  • 26. Les benzodiazépines : le cas particulier
  • 27. Quand ce n'est pas de l'anxiété
  • 28. Anxiété, dépression et alcool
  • 29. Huit erreurs fréquentes
  • 30. Questions fréquentes
  • 31. Quand consulter
  • 32. Ce que vous pouvez attendre
  • 33. Sources et fondements

Questions fréquentes

« Et si je fais une crise et que personne ne m'aide ? » Une attaque de panique se termine seule, sans intervention, en quelques minutes à une demi-heure. Elle est terrifiante et sans danger. Personne ne s'évanouit d'une panique — la tension artérielle y augmente, alors qu'un évanouissement suppose qu'elle chute. La seule exception connue est la phobie du sang et des piqûres, où l'évanouissement est possible et se travaille avec une technique spécifique de contraction musculaire.

« Est-ce que l'exposition ne risque pas de me traumatiser ? » Non, à trois conditions qui sont celles du programme : elle est choisie par vous, graduée, et répétée. Ce qui traumatise, c'est l'exposition subie, imprévue et sans issue — l'inverse de ce que vous allez faire.

« Combien de temps ? » Une phobie spécifique : parfois quelques séances. Une anxiété sociale ou un trouble panique : huit à seize semaines de travail régulier pour un changement net. Une anxiété généralisée : souvent plus long, avec une amélioration plus progressive.

« Je n'ai pas de situation à éviter, je suis juste inquiet en permanence. » C'est le tableau de l'anxiété généralisée : votre version du programme est à la section 20, avec la même ossature en huit étapes mais d'autres cibles.

« Est-ce que je peux faire cela en prenant un antidépresseur ? » Oui, et cela se combine bien. La réserve porte sur les benzodiazépines, qui interfèrent avec l'apprentissage — voir la section 26. Ne modifiez aucun traitement seul.

« Mon anxiété est-elle justifiée ? Ma situation est réellement difficile. » C'est souvent vrai, et cela ne change rien à la méthode. La question n'est pas de savoir si vos inquiétudes sont légitimes, mais si votre manière de les gérer produit des actions ou de l'usure. Une difficulté réelle appelle une décision ; elle n'appelle pas six heures par jour à ressasser les mêmes pensées. Si c'est le climat qui vous préoccupe ainsi, notre guide Éco-anxiété : vivre avec l'inquiétude pour le climat applique ce même raisonnement à une inquiétude fondée, en aidant à distinguer celle qui a sa place de celle qui envahit la vie.

« Est-ce que je vais devenir insensible ? » Non. Vous ne perdrez pas votre prudence ni votre sensibilité. Vous perdrez le droit de veto que l'anxiété exerce aujourd'hui sur vos décisions.

Les fiches à télécharger

Les exercices de ce programme, en PDF à imprimer. Réservés aux membres.

Voir les formulesLes fiches à imprimer sont incluses dans l'accès.
  1. 01Le carnet d'anxiétéÉtape 1 — sept jours d'observation, sans rien changer.
  2. 02Mes évitements et mes béquillesÉtape 2 — la liste que personne ne devine sans l'écrire.
  3. 03Mon échelle d'expositionÉtape 3 — dix à quinze marches, notées de 0 à 100.
  4. 04La fiche d'expositionÉtape 4 — une fiche par exercice. À réimprimer autant de fois qu'il le faut.
  5. 05Le journal des expositionsÉtape 5 — quatre semaines. Vous y verrez ce que vous ne sentez pas au jour le jour.
  6. 06Retirer une béquilleÉtape 6 — l'étape que l'on saute, et celle qui décide du résultat.
  7. 07L'exposition aux sensationsSi ce sont des attaques de panique — l'objet de la peur est le corps, pas le lieu.
  8. 08Retourner le projecteurSi c'est l'anxiété sociale — l'attention tournée vers soi est le vrai problème.
  9. 09L'inquiétude : trier et différerSi c'est l'anxiété généralisée — il n'y a pas de situation à éviter, mais une activité mentale.
  10. 10Mon plan de rechuteÉtape 8 — une page, écrite maintenant, à relire dans six mois.

Toutes les fiches en un seul fichier, avec sommaire.

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