Ce programme est un manuel de traitement destiné à des professionnels de la santé mentale. Il suppose une formation clinique, une expérience du travail avec les adolescents et leurs familles, et un cadre de supervision. Il ne remplace ni votre jugement clinique, ni votre responsabilité déontologique, ni vos obligations légales, en particulier celles qui concernent la protection de l'enfance et le danger pour autrui. Les critères diagnostiques y sont reformulés dans nos propres mots, jamais reproduits : reportez-vous aux manuels originaux pour la lettre du texte. Il n'est destiné ni aux jeunes concernés ni à leurs parents. Si un jeune ou une personne de son entourage est en danger immédiat, appelez les services d'urgence de votre pays.
1. Le programme en un coup d'œil
Indication. Trouble des conduites chez le préadolescent et l'adolescent de 10 à 17 ans : un ensemble durable de conduites qui portent atteinte aux droits d'autrui ou aux règles essentielles de l'âge — agressions, destructions, vols et tromperies, fugues et absentéisme —, qui dure depuis au moins un an et retentit sur la vie du jeune. Le programme s'adresse au jeune et à ses parents, ou aux adultes qui l'élèvent. L'enfant de 6 à 12 ans qui présente un trouble oppositionnel, sans atteinte aux droits d'autrui, relève d'un autre manuel : Traiter le trouble oppositionnel avec provocation de l'enfant : manuel du thérapeute.
Modèle de référence. Un programme multicomposante, fondé sur l'apprentissage social : ce que fait un adolescent dépend de ce qui suit ses conduites, à la maison, à l'école et dans son groupe d'amis, et c'est dans ces trois milieux qu'on intervient. Le programme associe quatre composantes, qui reprennent les niveaux d'intervention des approches multimodales recommandées à cet âge — individuel, familial, scolaire et communautaire (National Institute for Health and Care Excellence, 2013) : un travail avec les parents adapté à l'adolescence, un travail individuel avec le jeune, un lien organisé avec l'école, et un travail sur les fréquentations. Il emprunte des principes à la thérapie multisystémique et à la thérapie familiale fonctionnelle, sans les remplacer (section 15).
Format. Vingt séances sur trois à quatre mois, en trois modules : huit séances avec les parents (P1 à P8) et huit avec le jeune seul (J1 à J8), de 50 minutes, souvent le même jour ; quatre séances conjointes (F1 à F4), de 75 minutes, la première de 90 minutes, la troisième avec l'école. Trois séances de rappel suivent, à un, trois et six mois après la dernière séance. Ce format est plus léger que celui des interventions multimodales de référence, qui comptent trois à quatre rencontres par semaine pendant trois à cinq mois (section 14) ; la section 44 dit quand il ne suffit pas.
Mécanisme visé. Changer ce qui suit les conduites du jeune dans ses trois milieux de vie, et ce qu'il se dit avant d'agir. Du côté des adultes : plus de chaleur, moins de coercition, des règles peu nombreuses et tenues, une supervision qui passe par la relation, une école qui garde le lien. Du côté du jeune : des raisons de changer qui sont les siennes, une colère repérée tôt, des justifications examinées, d'autres façons de résoudre un problème, et moins de temps sans cadre avec des amis qui transgressent.
| Séance |
Objet |
Livrable de séance |
| F1 |
Poser le cadre |
Confidentialité écrite, sécurité vérifiée |
| J1 |
Le jeune seul : son histoire et ce qu'il veut |
Risques évalués, mesures du jeune prises |
| P1 |
Les parents seuls : l'histoire et la sécurité |
Maltraitance et violences cherchées, relevé installé |
| P2 |
Retrouver de la chaleur |
Un moment partagé par semaine, trois choses remarquées |
| J2 |
Ce que je veux, ce que ça me coûte |
Trois objectifs écrits de sa main |
| P3 |
Savoir où il est |
Règle de sortie écrite |
| J3 |
La chaîne d'un incident |
Un incident décomposé maillon par maillon |
| P4 |
Des règles peu nombreuses et négociées |
Trois à cinq règles et leurs privilèges préparés |
| J4 |
La colère qui monte |
Thermomètre et plan de retrait |
| F2 |
L'accord de famille |
Accord négocié et signé |
| P5 |
Des conséquences prévisibles, sans escalade |
Grille de conséquences et plan de désescalade |
| J5 |
Ce que je me dis pour que ça passe |
Deux justifications repérées et discutées |
| P6 |
Les incidents graves |
Plan écrit pour les six incidents graves |
| J6 |
Résoudre un problème autrement |
Deux problèmes réels résolus en cinq étapes |
| F3 |
La réunion avec l'école |
Fiche de liaison et adulte référent en place |
| P7 |
Les fréquentations et le temps libre |
Une activité encadrée choisie, les amis connus |
| J7 |
Les copains, et dire non |
Plan pour trois situations à risque avec les pairs |
| J8 |
Mon plan |
Plan de prévention écrit par le jeune |
| P8 |
Le plan des parents |
Protocole de reprise écrit par les parents |
| F4 |
Bilan et suite |
Mesures refaites, rappels datés |
Ce que la famille emporte. Neuf fiches imprimables, listées à la section 47 : notre semaine, ce que je veux, ma chaîne, ma colère, résoudre autrement, notre accord, le coin des parents, le lien avec l'école, mon plan pour la suite.
Ce qui distingue ce programme des autres manuels de ce site. D'abord, une section de sécurité reprise à chaque séance, parce que ce trouble a des victimes, et que le jeune peut en être une (section 11). Ensuite, une place égale donnée aux parents et au jeune. Et une liste explicite de ce qui ne sert à rien ou aggrave : des interventions très répandues, comme faire peur ou discipliner à la manière militaire, ont montré des effets nuls ou défavorables, et le regroupement de jeunes qui transgressent reste discuté (section 46).
2. Avant de commencer
Les quatre décisions préalables
Quelqu'un est-il en danger aujourd'hui ? Le jeune, un proche, un camarade ou une personne désignée : cette question ouvre chaque séance, et la section 11 est la seule qui puisse suspendre le programme.
Le jeune subit-il des violences ? La maltraitance et l'exposition aux violences conjugales font partie des facteurs de risque connus du trouble (Lillig, 2018), et les recommandations britanniques demandent de chercher aussi l'exploitation par d'autres (National Institute for Health and Care Excellence, 2013). On ne met pas en place un programme de règles et de conséquences dans une famille où l'enfant est frappé (section 11).
Quel est le cadre légal du suivi ? Selon que le suivi est demandé par la famille ou ordonné par un juge, ce qui est transmis change, et le jeune doit le savoir d'emblée (section 12).
Ce programme suffit-il ? Des violences graves et répétées, une vie passée surtout dehors ou un placement proche demandent un dispositif plus intensif que vingt séances au cabinet (section 15).
Ce que ce programme ne traite pas
Il ne traite pas le trouble oppositionnel de l'enfant de 6 à 12 ans sans atteinte aux droits d'autrui, qui relève de l'entraînement aux habiletés parentales décrit dans Traiter le trouble oppositionnel avec provocation de l'enfant : manuel du thérapeute.
Il ne traite pas les auteurs d'agressions sexuelles, qui relèvent de programmes spécialisés ; la protection des victimes passe avant.
Il ne traite pas seul un trouble de l'usage de substances sévère, qui se traite en parallèle, avec le volet adolescent de Trouble de l'usage du cannabis : manuel du thérapeute (sections 34 et 35) ou un service d'addictologie.
Il ne traite pas l'adulte : à partir de 18 ans, Personnalité antisociale : manuel du thérapeute prend le relais si les conduites persistent.
Et il ne remplace pas une thérapie multisystémique ou une thérapie familiale fonctionnelle quand une équipe formée existe et que la situation le justifie (section 15).
Comment l'utiliser
Lisez l'ensemble avant la première séance, en particulier les sections 5, 8, 11 et 12 : ce qui entretient le trouble, les émotions prosociales limitées, la sécurité, la justice et la confidentialité. Chaque séance suit la même charpente : l'objectif, les étapes, ce que vous dites, les erreurs fréquentes et le critère de passage. Les sections 40 et 41 détaillent les techniques utilisées par les séances.
Trois avertissements propres à cette indication.
Le jeune n'a pas demandé à venir, et il s'attend à un sermon de plus. Les recommandations britanniques le rappellent : beaucoup de ces jeunes ont eu des expériences de soin médiocres ou punitives, et ils se méfient de toute offre d'aide (National Institute for Health and Care Excellence, 2013). Le programme part donc de ce qu'il veut, pas de ce qu'on lui reproche.
Les parents se sentent accusés. Il faut dire d'emblée le but du travail parental, et répondre à leur crainte d'être blâmés (National Institute for Health and Care Excellence, 2013).
Et le thérapeute a des réactions : peur devant un jeune qui menace, colère devant un récit sans remords, impuissance devant une famille absente. Elles orientent mal quand on ne les voit pas, et se traitent en supervision (section 48).
3. Quatre tableaux à ne pas confondre
La même plainte, « il vole, il ment, il découche, il frappe », recouvre des situations différentes.
1. La transgression ordinaire de l'adolescence
Ce que vous observez. Des transgressions ponctuelles, souvent en groupe : un vol dans un magasin, une nuit dehors, une bagarre. Le jeune va bien par ailleurs, garde des amis qui ne transgressent pas, et se sent gêné quand il est pris.
Ce qui oriente. Le caractère isolé des actes, l'absence d'histoire dans l'enfance, et le reste de la vie qui tient. Les conduites transgressives augmentent fortement à l'adolescence dans la population générale, et chez la majorité des jeunes elles s'arrêtent à l'entrée dans l'âge adulte (Moffitt, 1993).
Ce que cela implique. Un programme de vingt séances n'est pas indiqué. Une ou deux consultations aident les parents à réagir de façon proportionnée, sans faire d'un acte isolé une identité.
2. Le trouble oppositionnel avec provocation
Ce que vous observez. Des colères, des refus, des provocations, une irritabilité, dirigés surtout contre les adultes, sans atteinte délibérée aux personnes ni aux biens.
Ce qui oriente. Le jeune s'oppose, mais il ne vole pas, ne frappe pas pour obtenir quelque chose et ne fugue pas.
Ce que cela implique. Avant douze ans, Traiter le trouble oppositionnel avec provocation de l'enfant : manuel du thérapeute s'applique. À l'adolescence, les composantes parentales et familiales de ce manuel s'appliquent, allégées de ce qui concerne la violence et la justice.
3. Le trouble des conduites
Ce que vous observez. Des atteintes répétées aux droits des autres ou aux règles importantes de l'âge, dans plusieurs registres, depuis au moins un an, avec des conséquences : exclusions, plaintes, blessures, dettes, placements envisagés.
Ce qui oriente. La répétition, la diversité des conduites, et le fait qu'elles coûtent à d'autres.
Ce que cela implique. C'est le programme décrit ici, après la section 11.
4. Des conduites qui répondent à autre chose
Ce que vous observez. Un tableau de conduites qui s'est installé en réponse à une situation : des violences subies à la maison, un harcèlement, une exploitation par un réseau, une consommation, un épisode dépressif, un traumatisme.
Ce qui oriente. Le début souvent récent, lié à un changement, et une souffrance nette derrière le comportement. La fugue d'une adolescente qui fuit un beau-père violent n'est pas un symptôme de trouble des conduites.
Ce que cela implique. On protège ou on traite la cause d'abord (sections 9 et 11).
Les trois questions du tri
« Depuis quand, et est-ce qu'il y avait déjà des difficultés avant dix ans ? » Elle situe le début, qui change le pronostic (section 4).
« Qu'est-ce qui se passe pour lui à la maison, et est-ce que quelqu'un lui fait du mal ? » Elle ouvre la question de la maltraitance, qui se pose à chaque fois.
« Qui en souffre, et combien ça coûte ? » Elle mesure le retentissement et identifie les victimes.
4. Le tableau clinique
Les quatre familles de conduites
Les agressions envers les personnes et les animaux. Le jeune fait peur aux autres, se bat, blesse avec un objet dangereux, fait souffrir une personne ou un animal, dépouille quelqu'un sous la menace, ou impose un acte sexuel. C'est la famille qui pèse le plus sur la sécurité.
Les destructions. Il abîme ce qui appartient aux autres, parfois en mettant le feu pour détruire.
Les tromperies et les vols. Il ment pour obtenir un avantage ou se soustraire à ce qu'on attend de lui, vole à l'insu des gens, ou s'introduit chez eux.
Les violations graves des règles. Il passe des nuits dehors malgré l'interdiction de ses parents, fugue, ou manque l'école de façon répétée ; les nuits dehors et l'absentéisme ne comptent que s'ils ont commencé avant treize ans.
Notez-les séparément. Un jeune qui vole et ment mais n'agresse personne n'a ni le même risque ni les mêmes priorités qu'un jeune qui frappe.
Ce que les parents décrivent
Ils décrivent une vie de famille organisée autour du jeune : un portefeuille caché, des appels de l'établissement, des nuits d'attente, des frères et sœurs qui ont peur ou imitent, des sanctions qui ont toutes échoué, parfois des gestes qu'ils regrettent, et, dite avec honte, la peur de leur propre enfant.
Ce que le jeune décrit
Il décrit rarement un trouble, plutôt des adultes injustes, des profs qui l'ont « dans le collimateur », des amis qui sont les seuls à le respecter. Il minimise, rejette la faute, dit que « tout le monde le fait » : ces phrases font partie du trouble et se travaillent (séance J5). Quand l'alliance le permet, il parle aussi de l'ennui, de l'échec scolaire, de la peur, d'une vie qu'il croit déjà jouée.
L'âge de début
Le DSM-5-TR, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux dans sa cinquième édition révisée (American Psychiatric Association, 2022), distingue un début dans l'enfance, quand au moins une conduite du trouble est apparue avant dix ans, et un début à l'adolescence. La distinction rejoint la taxonomie de Moffitt (1993) : un petit groupe de jeunes transgresse à tous les âges de la vie, avec des difficultés neuropsychologiques et un environnement défavorable qui s'additionnent ; un groupe plus large ne transgresse qu'à l'adolescence.
Deux nuances comptent en pratique. D'abord, le début précoce a le pronostic le plus sombre, mais le début à l'adolescence n'est pas anodin : dans la cohorte de Dunedin, les personnes qui avaient suivi une trajectoire de début à l'adolescence avaient encore des difficultés à 32 ans, moindres que celles du groupe persistant (Odgers et coll., 2008). Ensuite, l'âge de début est une information de pronostic, pas un verdict : il ne se dit pas au jeune comme une étiquette.
Les émotions prosociales limitées
Chez une partie de ces jeunes, les conduites s'accompagnent de peu de culpabilité et d'empathie. Le DSM-5-TR en a fait une spécification, qui change la conduite du traitement (section 8).
Épidémiologie
Le trouble touche environ 3 % des enfants d'âge scolaire, deux fois plus souvent les garçons que les filles, s'associe fréquemment au trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), et conduit souvent à une personnalité antisociale à l'âge adulte (Fairchild et coll., 2019).
5. Ce qui entretient le trouble
L'origine du trouble est multiple, faite de facteurs génétiques et environnementaux et de leur interaction (Fairchild et coll., 2019). Le traitement ne vise pas l'origine : il vise ce qui entretient les conduites aujourd'hui. Six mécanismes l'entretiennent, et tous sont accessibles au traitement.
La coercition à la maison
C'est le cycle décrit chez l'enfant plus jeune (voir Traiter le trouble oppositionnel avec provocation de l'enfant : manuel du thérapeute, section 5) : une demande, un refus, une escalade, et l'un des deux qui cède. Chacun répète ce qui a mis fin à la tension. À l'adolescence, le cycle change de forme. L'escalade va plus vite et plus loin, parce que le jeune est plus fort et peut partir ; les parents finissent par ne plus rien demander, pour éviter l'affrontement ; et la maison se partage entre des périodes de retrait silencieux et des crises. Il en reste peu de moments agréables, et c'est ce vide que le jeune va remplir dehors.
La supervision perdue
Les parents ne savent plus où il est, avec qui, ni ce qu'il fait. On a longtemps expliqué ce manque par un défaut de surveillance. La recherche a déplacé la question : chez des adolescents de 14 ans, ce que les parents savent vient surtout de ce que le jeune leur raconte de lui-même, et c'est cette information spontanée qui est la plus liée à moins de transgressions ; les efforts de contrôle, eux, ne sont liés à une meilleure adaptation qu'une fois retiré le sentiment d'être contrôlé, qui est associé à une moins bonne adaptation (Stattin et Kerr, 2000 ; Kerr et Stattin, 2000). Ces études sont corrélationnelles, mais elles fondent le parti pris de ce programme : la supervision passe d'abord par la relation.
Les fréquentations et l'entraînement à la déviance
Dans les amitiés d'adolescents, les échanges où l'un raconte une transgression et l'autre rit, approuve ou surenchérit fonctionnent comme un renforcement : c'est ce que Dishion a appelé l'entraînement à la déviance, et il prédit une augmentation de la délinquance, des consommations et de la violence (Dishion et coll., 1999). Cette influence pèse davantage sur un jeune qui a été rejeté par d'autres enfants, et elle est freinée par la supervision des adultes, par des pratiques parentales positives et par un cadre structuré (Dishion et Tipsord, 2011).
Ce que le jeune se dit avant d'agir
Deux familles de pensées sont bien documentées. La première porte sur l'interprétation des situations : un regard, une bousculade, une remarque sont lus comme hostiles et intentionnels. Cette attribution hostile est solidement associée aux conduites agressives (Orobio de Castro et coll., 2002), et elle s'inscrit dans un modèle plus large du traitement de l'information sociale, qui décompose la réponse à une situation en étapes — repérer les indices, les interpréter, se fixer un but, chercher des réponses possibles, en évaluer les suites, agir (Crick et Dodge, 1994). La seconde porte sur la justification : des pensées qui rendent la transgression acceptable, en mettant ses propres besoins au centre, en rejetant la faute sur les autres, en minimisant le tort causé, ou en supposant le pire des autres. Ces distorsions au service de soi sont nettement associées aux conduites externalisées (Barriga et Gibbs, 1996 ; Helmond et coll., 2015).
L'école qui exclut
L'échec scolaire fait partie des facteurs de risque des conduites antisociales, et les conduites, à leur tour, compromettent la scolarité. Les exclusions ajoutent un mécanisme propre : elles retirent le jeune du lieu le plus structuré de sa journée et lui donnent du temps libre sans adulte. Dans une étude longitudinale menée auprès d'environ 4 000 élèves de 12 à 16 ans en Australie et aux États-Unis, une exclusion temporaire augmentait la probabilité de conduites antisociales douze mois plus tard, à facteurs de risque égaux, parmi lesquels l'échec scolaire (Hemphill et coll., 2006).
Le bénéfice immédiat
Enfin, la transgression rapporte, tout de suite : de l'argent, un objet, du respect, une sensation forte, la fin d'une humiliation. Son coût vient plus tard, il est incertain, et il est souvent vécu comme une injustice plutôt que comme une conséquence. C'est pourquoi un programme fait seulement de sanctions a peu de chances de réussir : il faut aussi que d'autres conduites rapportent, et tôt.
Le cercle complet
Un jeune qui vit peu de moments agréables à la maison et beaucoup de conflits passe son temps dehors ; dehors, il rejoint des amis qui valorisent la transgression ; les parents, qui ne savent plus rien, oscillent entre la menace et le renoncement ; l'école exclut ; le jeune se dit que les adultes sont contre lui et que seuls ses amis le respectent ; et chaque transgression qui rapporte renforce le reste. C'est ce cercle que vous dessinez avec les parents en séance P2, et avec le jeune, à sa manière, en séance J3.