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SommeilPour un proche55 min de lecture

Le sommeil de l'enfant et de l'adolescent : le guide des parents

Le cinquième verre d'eau à vingt-deux heures, les réveils de deux heures du matin, l'adolescent qui s'endort à une heure et ne se lève plus. Ce guide explique ce qui se passe à chaque âge et décrit les méthodes qui ont fait leurs preuves : la routine du coucher, apprendre à s'endormir seul par étapes, apaiser les peurs du soir, réagir aux terreurs nocturnes, recaler l'horloge d'un adolescent. Il dit aussi, sans détour, ce qui doit faire consulter.

En bref

Ce guide s'adresse aux parents d'enfants à partir de six mois environ et d'adolescents qui dorment mal, ainsi qu'aux adolescents eux-mêmes. Il part de ce que la recherche a établi : les durées de sommeil recommandées selon l'âge, l'efficacité des méthodes comportementales chez le jeune enfant et l'absence d'effet néfaste démontré à long terme, le décalage biologique de l'horloge à la puberté, l'état réel des preuves sur les écrans, les particularités du sommeil avec un TDAH ou un autisme. Il propose ensuite des méthodes concrètes, applicables dès ce soir, un plan sur quatre semaines, et les signes qui doivent faire consulter, du ronflement entrecoupé de pauses respiratoires à la tristesse qui se cache parfois derrière une insomnie.

Thématique
Sommeil · Enfants & parents
Pour qui
Pour un proche
Langues
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Le programme

Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace pas une consultation. Si votre bébé fait des pauses respiratoires, devient bleu, très pâle ou mou, ou respire avec difficulté, appelez immédiatement les services d'urgence de votre pays. Faites de même si votre enfant fait une crise avec raideur ou secousses pour la première fois, si elle dure plus de cinq minutes, ou s'il ne reprend pas ses esprits ensuite. Si votre enfant ou votre adolescent parle de mourir, dit que tout serait plus simple s'il n'était plus là, ou se fait du mal, ne le laissez pas seul et demandez de l'aide le jour même ; en cas de danger immédiat, appelez les services d'urgence. Jusqu'à un an, un bébé dort sur le dos, dans son propre lit, sans oreiller, couette ni tour de lit : la section 7 détaille ces règles. Aucune mélatonine ni aucun médicament pour dormir ne se donne à un enfant sans avis médical. Comptez cinquante-cinq minutes de lecture.

1. Avant de commencer

Il est vingt et une heures quarante. Vous avez lu deux histoires, puis une troisième, « la dernière ». Depuis, Lina, trois ans, a réclamé de l'eau, puis le pipi, puis le doudou tombé derrière le lit, puis vous. Vous êtes retourné dans sa chambre cinq fois. Vous savez déjà qu'elle viendra dans votre lit vers deux heures.

Ou bien c'est Hugo, quinze ans. À une heure du matin, un rai de lumière bleue passe encore sous sa porte. Le matin, il faut trois passages et un ton qui monte pour qu'il se lève. Vous vous demandez s'il est paresseux, s'il déprime, ou si tout vient du téléphone.

Vous êtes fatigué, et les conseils que vous avez lus se contredisent.

Trois choses, tout de suite.

Un enfant qui dort mal n'est pas un enfant difficile, et ses parents n'ont pas échoué. S'endormir sans aide, se rendormir après un réveil, accepter de quitter la journée : tout cela s'apprend, à des rythmes très différents d'un enfant à l'autre. Dans une grande étude québécoise, plus d'un enfant sur trois se réveillait encore souvent la nuit à deux ans et demi.

Les méthodes qui aident les jeunes enfants à mieux dormir sont connues, et elles n'ont pas montré d'effet néfaste. Des enfants suivis jusqu'à six ans n'en gardaient aucune trace. Il en existe de douces et de plus rapides ; la meilleure est celle que vous pourrez tenir.

L'adolescent qui ne s'endort pas avant minuit n'est pas seulement indiscipliné. À la puberté, l'horloge biologique se décale vers le soir. Les écrans et les horaires scolaires aggravent ce décalage ; ils ne le créent pas.

À qui s'adresse ce guide

À vous si votre enfant, à partir de six mois environ, ne s'endort qu'avec vous, se réveille plusieurs fois par nuit, ou transforme chaque coucher en négociation.

À vous si votre enfant a peur le soir, fait des cauchemars, crie dans son sommeil ou se promène la nuit.

À vous si votre adolescent se couche de plus en plus tard, ne se lève plus, ou dit qu'il n'arrive pas à dormir.

À vous si votre enfant a un TDAH ou un autisme et que les nuits sont devenues un chantier permanent. Et à vous, si vous êtes l'adolescent qui lit ces lignes : les sections 13 à 16 vous concernent directement.

2. Combien de sommeil, à quel âge

En 2016, un groupe d'experts réuni par l'American Academy of Sleep Medicine, la société savante américaine de médecine du sommeil, a examiné plus de huit cents publications pour fixer ces durées. La National Sleep Foundation américaine et, pour les moins de cinq ans, l'Organisation mondiale de la santé proposent des fourchettes très proches.

Âge Sommeil recommandé par vingt-quatre heures
4 à 12 mois 12 à 16 heures, siestes comprises
1 à 2 ans 11 à 14 heures, siestes comprises
3 à 5 ans 10 à 13 heures, siestes comprises
6 à 12 ans 9 à 12 heures
13 à 18 ans 8 à 10 heures

Une fourchette, pas un objectif

Les besoins varient d'un enfant à l'autre. Une enfant de quatre ans qui dort dix heures et demie et se réveille de bonne humeur n'a aucune dette à rattraper. Le tableau sert à repérer un écart franc et durable : un enfant de huit ans qui dort sept heures, un adolescent qui en dort six.

Regardez la journée plus que la nuit. Votre enfant se réveille-t-il à peu près seul ? S'endort-il à chaque trajet en voiture ? Dort-il beaucoup plus pendant les vacances ? Un écart de plusieurs heures signale le plus souvent un manque en semaine.

Ce que fait le manque de sommeil

Une méta-analyse, c'est-à-dire une synthèse qui regroupe les résultats de nombreuses études, a rassemblé 86 travaux et près de 36 000 enfants de cinq à douze ans : un sommeil plus court y allait avec davantage de difficultés de comportement et des résultats scolaires un peu moins bons. Les liens étaient modestes, et ce sont des associations, pas des preuves de cause à effet. Le groupe d'experts de 2016 associe un sommeil régulièrement insuffisant à davantage d'accidents et de dépression chez l'enfant, et, chez l'adolescent, à davantage d'automutilations, d'idées et de tentatives de suicide.

Aux États-Unis, en 2015, près de trois lycéens sur quatre déclaraient dormir moins de huit heures les soirs d'école.


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Questions fréquentes

Laisser pleurer mon bébé un moment, est-ce que ça l'abîme ? Les études qui ont suivi les enfants ne le montrent pas : des enfants aidés à mieux dormir vers huit à dix mois ne différaient en rien des autres à six ans. Si les pleurs vous sont insupportables, choisissez une méthode où vous restez présent : elle est efficace elle aussi.

À partir de quel âge peut-on commencer ? Pas avant six mois : avant cet âge, rien ne montre que ces méthodes aident. On installe une routine, on respecte le couchage sûr, et l'on répond aux pleurs.

Mon enfant de deux ans dort dans notre lit. Est-ce un problème ? Pas en soi, passé un an, si cela convient à toute la famille : les études ne permettent pas de conclure dans un sens ou dans l'autre. Sinon, raccompagnez-le dans son lit à chaque fois, calmement.

Faut-il supprimer la sieste pour qu'il dorme mieux la nuit ? Pas d'emblée. Une sieste trop longue ou trop tardive peut repousser l'endormissement du soir : avancez-la ou raccourcissez-la d'abord, et regardez l'effet dans l'agenda.

Faut-il réveiller un enfant en pleine terreur nocturne ? Non : le réveiller l'agite davantage. Restez à côté, écartez ce qui pourrait le blesser, et attendez que l'épisode passe.

La mélatonine vendue sans ordonnance est-elle sans risque pour mon enfant ? Non. Les teneurs réelles varient beaucoup par rapport à l'étiquette, les données à long terme manquent chez l'enfant, et l'Anses déconseille ces compléments aux enfants et aux adolescents. Parlez-en au médecin.

Mon adolescent dit qu'il ne peut pas s'endormir avant une heure du matin. Est-ce vrai ? C'est souvent vrai : à la puberté, l'horloge se décale vers le soir. La volonté n'y suffit pas, mais un lever régulier, la lumière du matin, le téléphone hors de la chambre et un coucher avancé par petits pas peuvent déplacer cette heure.

Peut-il rattraper son sommeil le week-end ? En partie, et à un prix : une grasse matinée de trois heures décale l'horloge, et le lundi devient encore plus dur. Un lever qui ne dépasse pas d'une à deux heures celui de la semaine est un compromis raisonnable.

Mon enfant ronfle. Faut-il s'inquiéter ? Un ronflement pendant un rhume est banal. Un ronflement au moins trois nuits par semaine, surtout avec des pauses respiratoires, doit être signalé au médecin : il peut s'agir d'apnées du sommeil, qui se traitent.

Combien de temps avant de voir un résultat ? Donnez-vous au moins deux à trois semaines d'application régulière avant de juger, un peu plus chez l'adolescent, dont l'horloge se déplace lentement. Jugez sur l'agenda, jamais sur une nuit.

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