Ce programme est un manuel de traitement destiné à des professionnels de la santé mentale. Il suppose une formation clinique, une expérience du travail avec les adolescents et les familles ou avec les adultes, une connaissance des questions d'identité de genre, et un cadre de supervision. Il ne remplace ni votre jugement clinique ni votre responsabilité déontologique, et il ne vous rend compétent ni pour poser une indication médicale ni pour prescrire. Les critères diagnostiques y sont reformulés dans nos propres mots, jamais reproduits : reportez-vous aux manuels originaux pour la lettre du texte. Il n'est pas destiné aux personnes concernées ni à leurs proches. Et si vous pensez à mourir, contactez aujourd'hui les services d'urgence de votre pays ou une ligne d'écoute.
1. Le programme en un coup d'œil
Indication. Adolescents, à partir de la puberté, et adultes qui consultent pour une détresse liée à l'identité de genre : une souffrance autour du corps, du regard des autres, d'un questionnement qui ne trouve pas d'issue, de décisions à prendre ou de discriminations subies, souvent accompagnée d'une dépression, d'une anxiété, d'un trouble des conduites alimentaires, d'un traumatisme ou de particularités autistiques. Pour l'adolescent, quatre séances sont destinées aux parents.
Ce que le programme vise. Un accompagnement psychologique exploratoire et non directif, c'est-à-dire qui aide la personne à comprendre ce qu'elle vit sans décider à sa place de ce qu'elle doit en conclure. Il soulage la détresse, traite les difficultés associées avec des méthodes évaluées, et soutient la personne dans ses propres décisions, quelles qu'elles soient.
Ce que le programme ne vise pas. Il ne vise ni à modifier l'identité de genre de la personne, ni à l'orienter vers une transition. Chercher à modifier l'identité de genre serait une pratique de conversion, contraire à l'éthique et interdite en France par la loi du 31 janvier 2022 (section 3). Orienter vers une transition reviendrait à décider pour la personne d'un chemin dont les décisions médicales appartiennent aux médecins et les choix de vie à elle. Le travail porte sur la détresse et sur le fonctionnement, pas sur l'identité, qui n'est pas traitée comme une maladie.
Modèle de référence. Une évaluation globale, puis une formulation en trois niveaux reprise du rapport final de la revue indépendante Cass (Cass, 2024) et appliquée ici aussi à l'adulte : d'abord ce qui met en danger, ensuite la détresse et les difficultés associées, enfin un plan construit avec la personne pour les questions de genre (section 7). Les difficultés associées se traitent avec la thérapie cognitive et comportementale (TCC) propre à chacune, et le poids de la discrimination avec le modèle du stress minoritaire (Meyer, 2003 ; Hendricks et Testa, 2012), décrit à la section 6.
Format. Douze séances individuelles de 50 à 60 minutes, hebdomadaires, auxquelles s'ajoutent pour l'adolescent quatre séances de 50 minutes avec les parents : seize séances au total pour un adolescent, douze pour un adulte, puis trois séances de rappel, à un, trois et six mois. Aucun essai n'a établi le nombre de séances qui convient ici, parce que les interventions psychosociales y sont peu et mal évaluées (Heathcote et coll., 2024) ; le format s'inspire des manuels du site consacrés à l'anxiété et à la dépression, en réservant trois séances à l'évaluation et à la formulation. Ce programme n'est la condition d'aucun soin médical : il ne délivre pas de feu vert, et sa durée ne se compte pas comme un délai (section 13).
Mécanisme visé. Réduire ce qui entretient la détresse : les difficultés associées non traitées, l'évitement lié au corps, l'anticipation du rejet et la dissimulation coûteuse, l'urgence ou la paralysie devant les décisions, et les conflits familiaux. Rendre à la personne assez de fonctionnement et de liberté de penser pour décider elle-même, à son rythme, en connaissant ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas.
| Séance |
Objet |
Livrable de séance |
| 1 |
Accueillir, sécuriser, poser le cadre |
Prénom et pronoms notés, risque évalué, mesures de départ |
| 2 |
L'histoire et la demande |
Histoire entendue, objectifs cotés, difficulté principale choisie |
| 3 |
La formulation et le plan |
Carte en trois niveaux, plan des séances |
| 4 |
La difficulté associée : comprendre et commencer |
Premier pas fait, relevé en place |
| 5 |
La difficulté associée : poursuivre |
Trois pas faits, obstacle travaillé |
| 6 |
Le corps : la détresse et la sécurité |
Évitements triés, pratiques sûres |
| 7 |
Le stress minoritaire, et le bilan intermédiaire |
Prédiction testée, mesures refaites |
| 8 |
Explorer sans orienter |
Histoire relue, questions ouvertes écrites |
| 9 |
Décider : informations, options, valeurs |
Carte des options, questions pour le médecin |
| 10 |
Dire, ou ne pas dire |
Un plan de divulgation, ou une décision de ne pas dire |
| 11 |
Séance avec un proche |
Ce qui aide, dit à deux |
| 12 |
Bilan, plan et suite |
Mesures refaites, plan écrit, rappels fixés |
| Séance parents |
Placement |
Objet |
| P1 |
Avant la séance 1 |
Évaluation, cadre, confidentialité, sécurité à la maison |
| P2 |
Après la séance 3 |
Ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas, comment répondre |
| P3 |
Après la séance 8 |
Les décisions : l'école, le prénom, les questions médicales |
| P4 |
Après la séance 12 |
Bilan et suite, en partie avec l'adolescent |
Ce que la personne emporte. Neuf fiches imprimables, listées à la section 40 : mon relevé, ma carte, mon plan de sécurité, mes pas de la semaine, ce que je redoute et ce qui se passe, mon histoire et mes questions, décider à mon rythme, le coin des parents et des proches, et mon plan pour la suite.
Ce qui distingue ce programme des autres manuels de ce site. Trois choses. Il accompagne une question qui n'est pas un trouble à faire disparaître : ce qui doit baisser est la détresse, pas l'incongruence. Il avance dans un domaine où la recherche est discutée et souvent de faible certitude, et il présente les positions sans trancher au-delà des données (section 9). Et il sépare nettement le rôle du psychologue, qui évalue, traite les difficultés associées et soutient la décision, de celui du médecin, à qui appartiennent les décisions médicales (section 13).
2. Avant de commencer
Les quatre décisions préalables
Y a-t-il un danger actuel ? Un risque suicidaire, des automutilations, des violences à la maison ou à l'école, un rejet qui menace le logement, des hormones prises sans suivi médical. Cela passe avant tout le reste (section 11).
Que demande la personne, et que demandent les autres ? La section 4 distingue les quatre situations d'entrée, qui n'appellent pas le même travail.
Qui décide de quoi ? Chez le mineur, le traitement suppose l'accord des titulaires de l'autorité parentale selon le droit du pays, et l'adhésion du jeune, qui est autre chose. Les décisions médicales appartiennent aux médecins, avec la personne et, pour un mineur, avec ses parents ; les choix de vie appartiennent à la personne. Votre rôle est de soigner la détresse et d'éclairer la décision, pas de la prendre.
Une difficulté associée doit-elle passer en premier ? Une dépression sévère, un trouble des conduites alimentaires avec retentissement physique, un trouble psychotique ou une consommation massive se traitent d'abord ou en parallèle, avec leur protocole et souvent avec un médecin (section 10).
Ce que ce programme ne traite pas
L'enfant avant la puberté. Les questions y sont différentes, en particulier celle de la transition sociale précoce (section 9), et l'accompagnement passe d'abord par les parents et par une équipe spécialisée.
L'évaluation en vue d'une indication médicale. Au sein d'une équipe qui évalue une demande d'hormones ou de chirurgie, ce manuel aide à conduire la partie psychologique, mais la procédure d'indication relève de l'équipe et du médecin (section 13).
Une difficulté associée sévère, seul. Il en commence le traitement et renvoie au manuel dédié quand il faut davantage (section 33).
Comment l'utiliser
Lisez l'ensemble avant la première séance, en particulier les sections 3, 7, 9, 11 et 30 : la position, le modèle, l'état des connaissances, la sécurité et la conduite de l'exploration. Chaque séance suit la même charpente : l'objectif, les étapes, ce que vous dites, les erreurs fréquentes et le critère de passage.
Deux avertissements propres à cette indication.
Votre neutralité sera testée dès la première séance. La personne se demandera si vous voulez la faire changer ; des parents, si vous allez « l'encourager ». La réponse est la même pour tous, et elle se dit en séance 1 : ce travail n'a pas d'issue préférée.
La détresse de genre n'explique pas tout, et elle n'est pas rien. On peut tout attribuer à l'identité de genre et laisser une dépression sans traitement, ce que le rapport Cass appelle une éclipse diagnostique (Cass, 2024) ; on peut aussi tout attribuer à une autre difficulté et ne jamais écouter la question du genre pour elle-même. Les deux erreurs sont fréquentes.
3. Une position : explorer sans orienter
Ce que dit la loi française
La loi n° 2022-92 du 31 janvier 2022 interdisant les pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne a créé deux infractions. L'article 225-4-13 du Code pénal punit « les pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, vraie ou supposée, d'une personne et ayant pour effet une altération de sa santé physique ou mentale », avec des peines aggravées notamment lorsque la victime est mineure. L'article L. 4163-11 du Code de la santé publique punit « le fait de donner des consultations ou de prescrire des traitements en prétendant pouvoir modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, vraie ou supposée, d'une personne ».
Les deux articles prévoient la même exception, en termes voisins : l'infraction n'est pas constituée lorsque « les propos répétés invitent seulement à la prudence et à la réflexion » (Code pénal), ou lorsque « le professionnel de santé invite seulement à la réflexion et à la prudence » (Code de la santé publique), « eu égard notamment à son jeune âge, la personne qui s'interroge sur son identité de genre et qui envisage un parcours médical tendant au changement de sexe ». La loi distingue donc ce qui est interdit, chercher à modifier ou à réprimer une identité, de ce qui est permis, inviter à la réflexion et à la prudence avant une décision médicale. Ce manuel se tient du côté permis, sans s'en servir comme d'un prétexte : inviter à réfléchir ne veut pas dire suggérer une conclusion.
Ce que disent les recommandations
Les Standards of Care de la World Professional Association for Transgender Health, dans leur huitième version (WPATH, l'association professionnelle internationale qui publie ces standards ; Coleman et coll., 2022), recommandent de faciliter l'exploration et l'expression du genre de l'adolescent de manière ouverte et respectueuse, « de sorte qu'aucune identité particulière ne soit favorisée », et de ne pas proposer de thérapie de conversion. Le rapport Cass, commandé par le service de santé anglais, écrit que l'intention de l'intervention psychologique n'est pas de changer la perception que la personne a d'elle-même, mais d'explorer avec elle ses préoccupations et de soulager sa détresse, qu'elle s'engage ou non ensuite dans un parcours médical, et qu'assimiler cette approche à une conversion priverait des jeunes du soutien qu'ils méritent (Cass, 2024). La Haute Autorité de santé (HAS), dans sa recommandation sur l'adulte, rappelle que les thérapies de conversion ont montré leur effet délétère et sont interdites, et que l'identité de genre ne doit pas faire l'objet d'une évaluation psychiatrique spécifique (Haute Autorité de santé, 2025).
Ces sources divergent sur beaucoup de points (section 9). Elles s'accordent sur celui-ci : le psychologue ne cherche pas à changer une identité, et il ne l'impose pas non plus.
Le débat sur le mot « exploratoire »
Pour certains cliniciens, une psychothérapie exploratoire, « ni affirmation ni conversion », devrait être le premier traitement proposé à tout jeune en dysphorie de genre (D'Angelo et coll., 2021). Pour d'autres, la « thérapie exploratoire du genre » décourage l'affirmation au profit d'une recherche des racines pathologiques supposées d'une identité trans, et présente de fortes similitudes avec les pratiques de conversion (Ashley, 2023). Le rapport Cass constate que les mots « affirmatif » et « exploratoire » sont devenus des armes dans un débat polarisé (Cass, 2024). Ce manuel ne prend parti pour aucun camp ; il définit ce qu'il entend par explorer.
Ce que veut dire « explorer sans orienter »
L'exploration n'a pas d'issue préférée. Une personne qui conclut qu'elle est trans, non binaire, qu'elle ne l'est pas, ou qu'elle ne sait pas encore, a également réussi son exploration. L'échec serait une décision prise sous la pression, d'où qu'elle vienne.
On explore l'expérience, pas la légitimité. Vous demandez ce que la personne vit, depuis quand, ce qu'elle espère et ce qu'elle redoute. Vous ne lui demandez ni de prouver qu'elle est « vraiment » trans, ni d'écarter ses doutes.
Les difficultés associées se traitent pour elles-mêmes, ouvertement. Une dépression ou un traumatisme se soignent parce qu'ils font souffrir, pas pour tester une identité, et vous n'enquêtez jamais en cachette (section 30).
La règle de symétrie. Avant une question qui porte sur l'identité, demandez-vous si vous la poseriez de la même façon à une personne qui décrirait le parcours inverse. Si la réponse est non, la question oriente. C'est une règle de ce manuel, pas un résultat de recherche, et c'est l'outil le plus simple pour tenir la neutralité.
Le vocabulaire
Utilisez le prénom et les pronoms que la personne vous donne, à l'oral, à l'écrit et dans le dossier, comme la HAS le recommande à tous les professionnels (Haute Autorité de santé, 2025). C'est une condition de l'alliance, pas une prise de position sur l'issue.
Ce manuel emploie « personne trans » pour une personne qui vit ou s'identifie dans un genre différent de celui associé au sexe constaté à la naissance, « personne non binaire » pour une personne qui ne se situe pas, ou pas seulement, dans l'une des deux catégories, « sexe assigné à la naissance » pour le sexe enregistré à la naissance, et « personne en questionnement » pour une personne qui ne sait pas encore. « Dysphorie de genre » désigne la catégorie du DSM-5-TR, qui porte sur une détresse, et « incongruence de genre » celle de la CIM-11 (section 8). Demandez à la personne ses mots, et reprenez-les.
4. Quatre situations d'entrée à ne pas confondre
1. Une identité affirmée, et une autre souffrance
Ce que vous observez. Une personne trans ou non binaire, dont l'identité est installée, consulte pour une dépression, une anxiété, un épuisement, une rupture ou les suites d'une agression.
Ce que cela implique. On traite la difficulté pour laquelle elle vient, en tenant compte du stress minoritaire qui peut l'entretenir, et l'on n'ouvre pas une exploration de l'identité qu'elle n'a pas demandée. Beaucoup ont rencontré des soignants qui ramenaient tout à leur identité, ou qui cherchaient au contraire « n'importe quelle autre raison » ; le rapport Cass rapporte les deux plaintes (Cass, 2024).
2. Un questionnement ouvert
Ce que vous observez. Une personne, souvent jeune, qui ne sait pas, qui a « besoin d'être sûre », qui oscille, ou qui souffre de son corps sans savoir ce qu'elle en fera.
Ce que cela implique. Un espace d'exploration sans échéance imposée par vous, et un soutien à la décision quand une décision se présente : ce sont les séances 8 et 9.
3. Un adolescent et des parents pris de court ou en désaccord
Ce que vous observez. Une annonce récente, une famille en crise, des disputes sur le prénom, l'école ou un rendez-vous médical. Souvent le jeune veut être reconnu et laissé tranquille, et les parents veulent comprendre, gagner du temps ou être rassurés.
Ce que cela implique. Le module parents devient central (section 28), la confidentialité se pose dès la première rencontre (section 15), et la sécurité à la maison se vérifie (section 11).
4. Une transition reconsidérée
Ce que vous observez. Une personne qui interrompt une transition sociale ou médicale, la regrette ou s'interroge, parce que son identité a changé, que le coût social est trop lourd, qu'un effet médical la gêne, ou qu'elle ne sait plus.
Ce que cela implique. Un accueil sans jugement, une exploration des raisons, un repérage des pressions et des violences, et une orientation médicale si des effets physiques sont en jeu (section 34).
Les trois questions du tri
« Qu'est-ce qui vous amène aujourd'hui, et qu'attendez-vous de ces séances ? » Elle situe la personne parmi les quatre situations.
« Comment voulez-vous que je vous appelle, et quels pronoms dois-je utiliser ? » Posée à tout le monde, elle dit d'emblée que vous ne présumez de rien.
« Qu'est-ce qui vous pèse le plus en ce moment ? » Elle ramène à la détresse actuelle, qui est l'indication du programme.
5. Ce que les personnes décrivent
Les cinq dimensions de la détresse
La détresse liée au corps. Un malaise, parfois une souffrance aiguë, devant certaines caractéristiques sexuées, présentes ou attendues : la poitrine, la voix, la pilosité, les règles, les organes génitaux. Elle se traduit par des évitements, le miroir, la douche, le sport, l'intimité, les photos, et parfois par des pratiques qui modifient l'apparence, comme la compression de la poitrine. Elle varie beaucoup d'une personne et d'un moment à l'autre.
La détresse sociale. Elle vient du fait d'être appelé par un prénom qu'on ne reconnaît plus, d'être mégenré, c'est-à-dire désigné par un genre qui n'est pas le sien, ou de devoir s'expliquer. Elle dépend largement de l'entourage.
Le questionnement et l'incertitude. La personne ne sait pas, ou sait sans savoir quoi en faire. L'incertitude devient souvent une rumination : « et si je me trompais », « et si j'attendais trop ». D'autres vivent une certitude ancienne et paisible, et c'est l'environnement qui leur pèse.
Le stress lié à la discrimination. Le harcèlement, le rejet et les violences pèsent, comme la peur de les subir et la fatigue de se cacher. La HAS rappelle que la population trans connaît un surrisque de violences et de précarisation, et des discriminations dans l'accès aux soins (Haute Autorité de santé, 2025).
Les difficultés associées. Dépression, anxiété, troubles des conduites alimentaires, automutilations, traumatismes, autisme ou trouble de l'attention. Elles sont fréquentes (section 10), et c'est souvent elles qui font le plus souffrir au moment où la personne consulte.
Ce qui varie
Le moment où la question apparaît. Chez certains, dès la petite enfance ; chez d'autres, à la puberté ou plus tard, sans signe antérieur visible. Les Standards of Care notent que les cliniques reçoivent davantage d'adolescents sans diversité de genre exprimée dans l'enfance, et davantage d'identités non binaires (Coleman et coll., 2022). Le rapport Cass estime que l'expression du genre dépend d'un mélange variable de facteurs, comme une prédisposition biologique, les expériences de la petite enfance, la sexualité et les attentes liées à la puberté, que l'influence des pairs est forte à l'adolescence, et que l'effet des expériences en ligne reste mal connu (Cass, 2024). Aucune trajectoire ne dit, à elle seule, ce que la personne deviendra.
Ce que la personne souhaite. Certaines personnes trans ne souhaitent aucun soin médical, d'autres certains et pas d'autres ; la HAS constate qu'il n'existe pas de parcours type (Haute Autorité de santé, 2025).
La stabilité dans le temps. Chez l'adolescent, le rapport Cass écrit que l'identité n'est pas toujours fixée et peut évoluer, et que ni le diagnostic ni les cliniciens ne permettent de prédire de façon fiable quels jeunes auront une incongruence durable (Cass, 2024). C'est une raison de prendre le temps, pas une raison de douter de ce que le jeune dit aujourd'hui.
Ce qui est particulier à l'adolescence
La puberté rend la détresse corporelle plus aiguë, parce que le corps change sans qu'on l'ait choisi. L'adolescence est aussi l'âge où l'on explore son identité en général, où les pairs comptent beaucoup et où les stéréotypes de genre pèsent ; le rapport Cass rappelle que l'exploration est un processus normal à cet âge (Cass, 2024). Et l'adolescent dépend de ses parents, dont la réaction fait une grande partie de sa détresse ou de sa protection.
Les forces
La lucidité sur soi, le courage qu'il a fallu pour parler, la capacité à trouver des appuis, souvent un lien avec d'autres personnes qui vivent la même chose : dans une vaste enquête, le soutien des pairs atténuait le lien entre stigmatisation et détresse (Bockting et coll., 2013). Cherchez les forces de la personne dans sa vie, pas dans une liste.