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Divorcer : traverser la séparation pour soi

Un divorce, c'est un deuil, un déménagement, une procédure, une nouvelle organisation avec les enfants et un budget à refaire, tout à la fois. Ce guide s'occupe de vous, pas seulement de la procédure : ce que la séparation fait vivre, comment traverser les premières semaines, éviter que la colère ne tourne à la guerre, tenir le quotidien, et reconstruire une vie qui vous ressemble.

En bref

Ce guide s'adresse aux adultes qui se séparent après une vie commune, mariés ou non, avec ou sans enfants, qu'ils aient pris la décision ou qu'ils l'aient subie. Il s'appuie sur les études qui ont suivi des personnes divorcées pendant des années : la plupart vont bien quelques années plus tard, une minorité reste durablement en difficulté, et ce qui fait la différence tient en partie à ce que l'on fait pendant la traversée. Il explique le décalage entre celui qui part et celui qui est quitté, propose des repères pour les premières semaines, la colère, l'argent, la procédure, les semaines sans les enfants et la solitude, et dit quand demander de l'aide. Il ne remplace pas un conseil juridique.

Thématique
Couple
Pour qui
Pour soi
Langues
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Le programme

Ce guide est un contenu de psychoéducation. Il ne remplace ni un accompagnement psychologique, ni les conseils d'un avocat ou d'un médiateur. S'il y a eu de la violence, des menaces ou du contrôle dans votre couple, la séparation est une période de risque accru : ne l'organisez pas seul, lisez notre programme Emprise et contrôle : reconnaître et en sortir, et contactez une ligne d'aide spécialisée de votre pays ou, en cas de danger immédiat, les services d'urgence. Si vous pensez à mourir ou à vous faire du mal, appelez votre médecin le jour même. Pour ce que vivent vos enfants et les mots pour leur parler, lisez Accompagner un enfant ou un adolescent dans la séparation de ses parents. Comptez trente-cinq minutes de lecture.

1. Avant de commencer

Il y a eu une annonce, ou une longue usure, ou une crise de trop. Depuis, votre vie est en travaux. Il faut trouver un logement ou partager celui qui existe, prévenir la famille, organiser les enfants, comprendre ce que vont devenir l'argent et les biens, prendre rendez-vous avec un avocat. Et au milieu de tout cela, il faut encore aller travailler, faire les courses, dormir.

On vous parle beaucoup des enfants, de la procédure, du partage. On vous demande rarement comment vous allez.

Trois choses, tout de suite.

Ce que vous traversez compte parmi les événements les plus éprouvants d'une vie adulte. Si vous vous sentez épuisé, confus, irritable, triste un jour et soulagé le lendemain, ce n'est pas une faiblesse : c'est la réaction attendue à un bouleversement de tous les domaines de la vie en même temps.

La plupart des gens vont bien, quelques années après. Les études qui ont suivi des adultes divorcés sur la durée montrent qu'une majorité retrouve une vie satisfaisante, et que certains vont mieux qu'avant la séparation. Une minorité reste en grande difficulté, et ce guide s'attache aussi à ce qui fait la différence.

Vous n'êtes pas obligé de tout régler en même temps. Une séparation se traverse en plusieurs mois, parfois en plusieurs années pour les questions matérielles. L'objectif de chaque semaine peut rester modeste.

À qui s'adresse ce guide

À vous si vous vous séparez après une vie commune, que vous soyez marié, pacsé ou non.

À vous si vous avez pris la décision, si vous l'avez subie, ou si elle a été commune.

À vous avec ou sans enfants, que la séparation soit récente ou qu'elle date de plusieurs mois et que vous n'arriviez pas à en sortir.

Il vaut quels que soient le sexe et l'orientation des partenaires.

Si vous hésitez encore à partir, lisez d'abord Rester ou partir : sortir de l'hésitation. Si la séparation fait suite à une infidélité, Après une infidélité : reconstruire ou se séparer complètera ce guide.

Ce que ce guide n'est pas

Il ne donne pas de conseil juridique. Les règles du divorce, du partage des biens, de la résidence des enfants et des pensions varient d'un pays à l'autre. Ce guide vous aide à aborder ces questions dans un état qui vous permette de bien décider ; il ne remplace pas un avocat, un notaire ou un médiateur.

Il ne traite pas en détail de ce que vivent vos enfants : un programme entier y est consacré.

Comment il est construit

Les sections 2 et 3 expliquent ce que la séparation fait vivre et ce que la recherche a montré. La section 4 est consacrée aux premières semaines. Les sections 5 à 8 traitent des émotions : le décalage entre les deux partenaires, le deuil, la colère, la culpabilité. Les sections 9 à 11 abordent l'argent, la procédure et la coparentalité. Les sections 12 à 16 portent sur la reconstruction : les soirées et les semaines seul, l'entourage, le corps, l'identité, les nouvelles relations. Les dernières sections traitent des situations particulières, de quand consulter, et répondent aux questions fréquentes.

2. Ce que la séparation fait vivre

Plusieurs pertes en même temps

Un divorce n'est pas une perte, mais une série de pertes qui arrivent ensemble :

  • Une personne qui a été, pendant des années, la plus proche.
  • Une vie quotidienne : des habitudes, un lit, une maison, des rituels.
  • Un avenir imaginé : vieillir ensemble, voir grandir les enfants sous le même toit.
  • Une partie de la famille et des amis : la belle-famille, des amis communs qui s'éloignent.
  • Un statut et une identité : on était « marié », « en couple », « la famille X ».
  • Une sécurité matérielle : souvent un niveau de vie plus bas, au moins pour un temps.
  • Du temps avec ses enfants, pour beaucoup de parents.

Ces pertes ne se remplacent pas d'un coup. Chacune demande son propre ajustement.

Un deuil sans mort

On parle volontiers de deuil pour un divorce, et le mot est juste : tristesse, colère, nostalgie, pensées qui reviennent, sentiment d'irréalité. Mais ce deuil a une particularité. La personne perdue est toujours vivante, souvent toujours présente : on la croise aux passages des enfants, on reçoit ses messages, on la voit refaire sa vie. Le deuil doit se faire sans que la relation s'arrête tout à fait.

Un stress qui touche tout

La séparation met sous pression, en même temps, le logement, le budget, le travail, la santé, l'organisation familiale et le réseau social. C'est pour cela qu'on se sent si vite débordé, et que des tâches simples deviennent difficiles. La fatigue, les troubles de la concentration, les oublis, l'irritabilité ne disent rien de vos capacités : ils disent la charge.

Des émotions qui se contredisent

Le même jour, on peut ressentir de l'amour, de la haine, du soulagement, de la peur, de la nostalgie et de l'espoir. Ces mouvements ne suivent pas un ordre. Ils reviennent par cycles, parfois déclenchés par un simple message ou une date. Ne pas savoir ce que l'on ressent est l'un des états les plus fréquents, et l'un des plus éprouvants.


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Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour se remettre d'un divorce ? Il n'y a pas de durée normale. Les études de suivi montrent qu'une majorité de personnes retrouvent une satisfaction de vie correcte en quelques années, souvent deux à trois, avec des hauts et des bas. Le chemin est plus long quand le conflit dure, quand les difficultés matérielles s'accumulent, ou quand on reste isolé. Si rien ne bouge au bout d'un an, c'est un signal pour demander de l'aide.

C'est moi qui suis parti, et je suis triste. Est-ce que je me suis trompé ? Pas nécessairement. Partir ne protège pas de la tristesse : on perd une histoire, une vie commune, parfois une famille élargie. Le soulagement et le chagrin peuvent coexister longtemps. Si vos doutes persistent des mois, y compris dans les moments où vous allez bien, ils méritent d'être examinés ; Rester ou partir : sortir de l'hésitation aide à distinguer un doute passager d'un vrai signal.

Mon ex a l'air d'aller très bien. Pourquoi est-ce que je suis le seul à souffrir ? Souvent, parce que votre ex a commencé son deuil avant vous, parfois longtemps avant. Et ce que l'on voit de l'extérieur, ou sur les réseaux, ne dit presque rien de ce que la personne vit réellement.

Faut-il rester amis avec son ex ? Ce n'est ni nécessaire ni interdit. Quand il y a des enfants, une relation courtoise et prévisible est souvent le meilleur objectif. Une amitié proche, dans les premiers mois, entretient souvent la confusion et retarde le deuil de l'un des deux. Elle peut venir plus tard, ou jamais.

Je n'arrive pas à m'arrêter de penser à ce qui s'est passé. Comment faire ? Réservez un temps limité chaque jour pour y penser, notez les pensées qui arrivent en dehors et reportez-les, et remplacez les grandes réflexions sans fin par des questions précises : qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui ? Si la rumination vous empêche de fonctionner, un accompagnement psychologique aide beaucoup.

Est-ce que le divorce va abîmer mes enfants ? La plupart des enfants de parents séparés vont bien. Ce qui pèse le plus sur eux, ce n'est pas la séparation elle-même, mais le conflit durable entre les parents et la qualité de la parentalité de chaque côté. Vous avez prise sur ces deux points.

J'ai signé un accord trop vite. Est-ce trop tard ? Cela dépend du stade de la procédure et des règles de votre pays. Parlez-en rapidement à un avocat. Et pour la suite, prenez l'habitude de ne rien signer d'important sans quelques jours de réflexion et un conseil.

Mon ex a déjà quelqu'un. Est-ce qu'il ou elle me trompait ? Pas forcément. Celui qui part s'est souvent détaché bien avant la séparation, ce qui lui permet de s'engager ailleurs vite. Parfois, la relation avait commencé avant. Vous ne le saurez peut-être jamais avec certitude, et chercher à le savoir soulage rarement.

Je me sens soulagé, et j'en ai honte. Est-ce normal ? Le soulagement est très fréquent, surtout après des années de conflit, de tension ou d'indifférence. Il ne veut pas dire que vous n'avez pas aimé, ni que vous êtes insensible à la douleur de l'autre ou des enfants. Il dit qu'une situation qui vous pesait a pris fin.

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