L'inquiétude permanente : le trouble anxieux généralisé
S'inquiéter pour le travail, pour la santé des siens, pour l'argent, pour un message sans réponse, et recommencer le lendemain avec un autre sujet. Ce guide explique pourquoi l'inquiétude s'installe et se nourrit d'elle-même, comment distinguer celle qui sert de celle qui tourne à vide, et propose la méthode qui a fait ses preuves : temps d'inquiétude, résolution de problèmes, apprivoisement de l'incertitude.
En bref
Ce guide s'adresse aux adultes qui s'inquiètent presque tous les jours, pour plusieurs domaines à la fois, et qui n'arrivent pas à arrêter. Il décrit ce que la recherche a établi sur ce fonctionnement : l'intolérance à l'incertitude qui en est le moteur, les croyances sur l'utilité de s'inquiéter qui l'entretiennent, et l'évitement discret qu'il organise. Il propose ensuite des outils concrets, semaine après semaine, et dit franchement quand une aide extérieure devient nécessaire.
- Thématique
- Anxiété
- Pour qui
- Pour soi
- Langues
- FR · EN · DE · IT · ES · ZH · AR
Français · English · Deutsch · Italiano · Español · 中文 · العربية
Le programme
La suite est réservée aux membres
Créez votre accès pour lire ce programme en entier, ainsi que toutes les autres ressources.
Questions fréquentes
Est-ce que je vais devoir vivre avec ça toute ma vie ? Non. L'anxiété généralisée a tendance à durer si on ne la traite pas, mais elle répond bien aux traitements psychologiques. Beaucoup de personnes conservent un tempérament plutôt soucieux tout en récupérant des journées, un sommeil et une tranquillité normale. L'objectif réaliste n'est pas zéro inquiétude, c'est une inquiétude qui ne décide plus de votre emploi du temps.
Quelle est la différence entre s'inquiéter et ruminer ? L'inquiétude regarde vers l'avant, en « et si », et anticipe des malheurs possibles. La rumination regarde vers l'arrière, en « pourquoi », et rejoue ce qui s'est passé. Les deux sont des formes de pensée répétitive, elles partagent les mêmes mécanismes et coexistent souvent. Voir Arrêter de trop penser : sortir des ruminations.
Est-ce que le temps d'inquiétude ne va pas me faire penser davantage ? C'est la crainte habituelle, et c'est l'inverse qui se produit. En donnant à l'inquiétude un créneau précis, on réduit le temps total qu'elle occupe, et on découvre qu'une bonne partie des sujets s'est évaporée d'ici là. Comptez deux semaines avant de juger.
J'ai fait tous les examens, on ne trouve rien, et je continue à m'inquiéter pour ma santé. Que faire ? Ce schéma est typique de l'anxiété de santé, où les examens rassurent de moins en moins longtemps. Le travail consiste alors à arrêter les vérifications plutôt qu'à chercher une confirmation de plus. Voir La peur d'être malade : l'anxiété de santé.
Est-ce héréditaire ? Une part de la tendance à l'anxiété se transmet, et une autre part s'apprend dans la famille, par l'exemple. Aucune des deux ne détermine votre avenir : ce qui compte pratiquement, c'est ce que vous faites de l'inquiétude quand elle arrive.
Faut-il prendre un traitement ? Cela dépend de la sévérité, de votre préférence, de ce que vous avez déjà essayé et de ce que votre médecin observe. Les recommandations placent les approches psychologiques et certains médicaments en première intention. La décision se prend avec un médecin, et ce guide n'en remplace pas l'avis.
La méditation suffit-elle ? Elle aide, surtout pour la relation aux pensées et pour la tension. Utilisée seule et dans le but de faire partir l'anxiété, elle devient un contrôle de plus et déçoit. Ce qui change les choses en profondeur, c'est de s'exposer à l'incertitude, et cela demande des actions dans la vie réelle.
Mon conjoint me dit que je suis invivable. Est-ce que j'exagère ? L'inquiétude déborde effectivement sur l'entourage : questions répétées, contrôle, refus de certaines sorties, irritabilité. Ce n'est pas un défaut moral, c'est un symptôme. Le contrat de réassurance de la section 19 est souvent le premier changement visible pour un couple.
Je m'inquiète surtout la nuit. Est-ce que je peux faire le temps d'inquiétude au lit ? Non, et c'est important. Le lit doit rester associé au sommeil. Le créneau se place en fin d'après-midi, et la nuit on se contente d'écrire trois mots sur un carnet en reportant au lendemain.
Combien de temps avant de voir un résultat ? Les premiers effets du temps d'inquiétude apparaissent souvent en deux semaines. Pour l'intolérance à l'incertitude, comptez plutôt six à douze semaines de pratique régulière. La régularité pèse plus que la durée des séances.
J'ai peur que si je lâche, il arrive quelque chose à mes enfants : comment faire ? C'est la croyance centrale, et elle est trop importante pour être balayée. Elle se teste doucement, sur des situations mineures, en observant ce qui se passe réellement quand vous ne surveillez pas. Ce que les gens découvrent, c'est que leur inquiétude n'était pas ce qui protégeait leurs enfants — leurs actions l'étaient, et elles continuent.
Est-ce que l'alcool ou le cannabis peuvent m'aider à me détendre le soir ? Ils détendent sur le moment et augmentent l'anxiété ensuite, en plus de désorganiser le sommeil et d'exposer à une dépendance. C'est l'une des associations les plus fréquentes et les plus dommageables. Voir Boire moins, ou arrêter et Le cannabis : faire le point.