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ÉtudierPour soi35 min de lecture

Comment mieux étudier ?

Relire, surligner, recopier ses fiches : les méthodes les plus répandues donnent l'impression d'apprendre sans faire retenir. Ce programme explique ce que la recherche a établi sur la mémoire et la compréhension, et le transforme en techniques concrètes pour les cours, les langues, les examens et les formations.

En bref

Ce programme s'adresse aux adolescents à partir du collège, aux étudiants et aux adultes qui apprennent — pour un diplôme, un concours, une langue ou un métier. Il part d'un constat solide et dérangeant : ce qui donne le sentiment de maîtriser un cours n'est pas ce qui le fait retenir. Il présente les quelques principes dont l'efficacité est la mieux démontrée — se tester, espacer, mélanger, comprendre, s'expliquer —, puis la manière de les appliquer à l'organisation, à l'attention, au sommeil et aux examens. Il dit aussi ce qui ne marche pas, et quand une difficulté dépasse la méthode.

Thématique
Étudier · Attention & concentration
Pour qui
Pour soi
Langues
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Le programme

Ce programme est un contenu de psychoéducation. Il ne constitue ni un diagnostic ni un traitement. Si vos difficultés à lire, à écrire, à calculer ou à rester concentré sont anciennes et résistent aux bonnes méthodes, elles méritent une évaluation : la section 17 dit quand et auprès de qui. Si le stress des études vous empêche de dormir, de manger ou de vivre depuis des semaines, ou si des idées noires apparaissent, parlez-en aujourd'hui à un médecin, à un service de santé étudiante ou à une ligne d'écoute de votre pays. Comptez trente-cinq minutes de lecture.

1. Avant de commencer

À qui s'adresse ce programme

À vous si vous passez du temps sur vos cours et que le résultat ne suit pas. Vous relisez, vous connaissez la page, vous vous sentez prêt — et le jour de l'interrogation, la réponse ne vient pas. Vous en concluez que vous avez « une mauvaise mémoire » ou que vous n'êtes « pas fait pour ça ».

À vous si vous préparez un examen important, un concours, un code de la route, une certification professionnelle, et que vous voulez que chaque heure compte.

À vous si vous reprenez des études ou une formation après des années, et que vous craignez de ne plus savoir apprendre.

À vous, enfin, si vous apprenez une langue, un instrument de pensée — la programmation, la comptabilité, l'anatomie — et que vous avez l'impression d'oublier à mesure.

Si vous êtes parent d'un enfant d'école primaire ou de collège et que vous cherchez comment l'accompagner, notre programme Aider son enfant à mieux étudier s'adresse directement à vous. Les principes sont les mêmes, la manière de les transmettre ne l'est pas.

Ce que ce programme n'est pas

Ce n'est pas une méthode miracle. Aucune technique ne permet d'apprendre sans effort ; les bonnes techniques permettent de mettre l'effort au bon endroit.

Ce n'est pas une liste d'astuces. Il y a peu de principes, ils sont solides, et ils suffisent. La plupart des « méthodes » vendues sous des noms accrocheurs en sont des variantes, ou n'ont jamais été évaluées.

Ce n'est pas un bilan. Il ne dira pas si vous avez un trouble des apprentissages ou un trouble de l'attention. Il dira quand la question mérite d'être posée à un professionnel.

Comment l'utiliser

Lisez-le une fois en entier. Puis choisissez deux techniques, pas dix, et appliquez-les à une seule matière pendant trois semaines. C'est assez long pour voir une différence au contrôle suivant, assez court pour tenir.

Attendez-vous à une chose : les bonnes méthodes paraissent d'abord moins efficaces que les mauvaises. C'est le sujet de la section suivante, et c'est la raison pour laquelle la plupart des gens les abandonnent au bout de quelques jours.

2. Pourquoi les méthodes spontanées trompent

Demandez à dix élèves comment ils révisent. La majorité vous répondra : relire le cours, surligner, refaire des fiches, regarder la correction des exercices. Ces méthodes ont un point commun : elles donnent un sentiment de maîtrise rapide et agréable. Elles ont un second point commun, moins visible : elles produisent peu d'apprentissage durable.

L'illusion de fluidité

Quand vous relisez une page pour la troisième fois, elle vous paraît familière. Les phrases coulent, vous anticipez la suite, rien ne vous surprend. Votre cerveau interprète cette facilité comme un signe que l'information est « rentrée ». En réalité, reconnaître une information quand on l'a sous les yeux et la retrouver quand elle n'y est plus sont deux opérations très différentes. Or c'est la seconde que demande un examen.

La même illusion joue avec la correction d'un exercice : en la lisant, tout paraît évident. « J'aurais trouvé. » Rien ne permet de le savoir tant qu'on n'a pas essayé, feuille blanche, sans la correction à côté.

Performance et apprentissage

La recherche distingue deux choses que l'on confond sans cesse. La performance, c'est ce que vous réussissez pendant que vous travaillez. L'apprentissage, c'est ce qui en reste des jours ou des semaines plus tard, et ce que vous pouvez utiliser dans une situation nouvelle.

Les deux ne vont pas toujours ensemble. Certaines conditions font monter la performance immédiate et donnent peu d'apprentissage : relire, répéter la même chose dix fois de suite, travailler un seul type d'exercice. D'autres conditions rendent le travail plus laborieux sur le moment, et produisent un apprentissage bien plus solide : essayer de se rappeler, espacer, mélanger. Des chercheurs ont appelé ces dernières des difficultés désirables — désirables parce que l'effort qu'elles demandent est précisément ce qui fait retenir.

Les conséquences pratiques

Trois conséquences découlent de ce constat, et elles organisent tout ce programme.

Votre sentiment de maîtrise n'est pas une mesure fiable. Il faut une mesure extérieure : vous tester.

Une séance qui paraît difficile n'est pas une séance ratée. Si vous peinez à retrouver une réponse, c'est souvent que vous êtes en train d'apprendre.

Le temps passé n'est pas la bonne unité. Deux heures de relecture peuvent valoir moins que quarante minutes de questions.

Un exemple

Inès, en première, prépare un contrôle d'histoire. La veille, elle relit trois fois le chapitre, surligne les dates, recopie une fiche soignée. Elle se couche confiante. Le lendemain, sur la question « expliquez les causes de la crise de 1929 », elle a le souvenir de la page, de la couleur du surligneur, de l'endroit où était le paragraphe — et pas des causes.

Au trimestre suivant, elle change deux choses. Elle ferme le cahier et écrit tout ce dont elle se souvient sur une feuille blanche, puis vérifie. Et elle fait cet exercice trois fois, espacé sur une semaine, plutôt qu'une fois la veille. Elle passe moins de temps au total. Les séances sont plus désagréables. Sa note monte de quatre points.


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Questions fréquentes

Combien d'heures faut-il travailler ? Il n'existe pas de chiffre valable pour tous. La qualité des séances compte davantage que leur durée : quarante minutes de test et de rappel valent souvent mieux que deux heures de relecture. Un bon indicateur n'est pas le temps passé, mais ce que vous êtes capable de retrouver sans regarder.

Faut-il faire des fiches ? Oui, si vous les utilisez comme support de test. Une fiche sert à se poser des questions, ou à être refaite de mémoire puis comparée. Une fiche qu'on relit en boucle ne fait pas beaucoup mieux que le cours.

Vaut-il mieux travailler le matin ou le soir ? Les préférences individuelles existent, et les adolescents sont souvent plus éveillés le soir. Deux repères valent pour tous : placez les tâches les plus exigeantes aux moments où vous êtes le plus alerte, et gardez pour la fin de soirée les révisions légères, qui profiteront de la nuit.

Relire son cours juste avant l'examen, est-ce utile ? Un dernier coup d'œil sur quelques points précis peut rassurer. Une relecture intégrale dans le couloir sature, stresse, et fait douter de ce qu'on savait. Un rappel rapide de mémoire des grandes lignes est plus utile.

Est-ce que je suis visuel ? Vous préférez peut-être les schémas. Mais l'idée que chacun apprendrait mieux dans un seul « style » n'a pas été confirmée. Utilisez les schémas et les mots, et testez-vous, quelle que soit votre préférence.

J'ai l'impression d'avoir une mauvaise mémoire. C'est très souvent une impression produite par des méthodes qui ne font pas retenir. Avant de conclure, essayez trois semaines de test espacé sur une matière. Si la difficulté persiste et touche aussi la vie quotidienne, parlez-en à un médecin.

Apprend-on moins bien en vieillissant ? Certaines capacités, comme la vitesse de traitement, diminuent progressivement avec l'âge. Mais les adultes disposent de connaissances plus riches, qui facilitent les liens et la compréhension, et ils bénéficient autant du test et de l'espacement. Reprendre des études à quarante ou cinquante ans est tout à fait possible ; il faut surtout accepter que les débuts paraissent lents.

Les médicaments ou les compléments « pour la mémoire » aident-ils ? Chez une personne en bonne santé, aucun complément n'a démontré d'effet sur l'apprentissage. Prendre sans prescription des médicaments destinés à d'autres personnes, pour « tenir » ou se concentrer, expose à des risques réels pour le cœur, le sommeil et l'humeur, sans bénéfice établi sur les résultats. Si votre concentration pose un vrai problème, c'est une raison de consulter, pas de s'automédiquer.

Travailler en écoutant de la musique, oui ou non ? Sans paroles, et si vous avez vérifié que vous ne travaillez pas mieux dans le silence. Les paroles entrent en concurrence avec la lecture et l'écriture.

Les vidéos explicatives, c'est une bonne manière d'apprendre ? C'est une bonne manière de comprendre une première fois. Ce n'est pas une manière de retenir : après la vidéo, fermez-la et réexpliquez ce que vous avez vu, ou faites un exercice.

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