Ce programme est un manuel de traitement destiné à des professionnels de la santé mentale. Il suppose une formation clinique à la thérapie cognitive et comportementale, une expérience du travail avec des personnes en colère ou agressives, et un cadre de supervision. Il ne remplace ni votre jugement clinique ni votre responsabilité déontologique, et il ne remplace pas les dispositifs spécialisés pour auteurs de violences conjugales. Les critères diagnostiques y sont reformulés dans nos propres mots, jamais reproduits : reportez-vous aux manuels originaux pour la lettre du texte. Il n'est pas destiné aux personnes concernées : si vous êtes en danger aujourd'hui, ou si quelqu'un est en danger à cause de vous, contactez les services d'urgence de votre pays ou une ligne d'aide spécialisée dans les violences conjugales.
1. Le programme en un coup d'œil
Indication. Colère problématique de l'adulte — accès disproportionnés, fréquents ou destructeurs, qui abîment les relations, le travail ou la sécurité —, qu'elle réponde aux critères d'un trouble explosif intermittent ou qu'elle accompagne un autre trouble, chez une personne dont l'entourage n'est pas exposé à une violence de contrôle.
Modèle de référence. La thérapie cognitive et comportementale de la colère telle que l'ont décrite Novaco puis Deffenbacher : relaxation appliquée, travail cognitif sur les lectures hostiles et les exigences, entraînement aux compétences, et répétition de ces compétences sous activation par l'exposition imaginée aux provocations. C'est ce format, étendu à douze semaines, qui a été évalué dans le trouble explosif intermittent.
Format. Douze séances individuelles et hebdomadaires de cinquante à soixante minutes. Un entretien séparé avec le ou la partenaire, quand c'est possible et sûr, entre la première et la deuxième séance. Deux rappels, à un mois et à trois mois.
Mécanisme visé. Non pas supprimer la colère, qui est une émotion normale, mais quatre changements : la repérer à 3 sur 10 au lieu de 8, faire redescendre le corps au lieu de le décharger, lire les situations autrement que comme des attaques, et disposer, sous activation, d'une autre conduite que l'agression.
| Séance |
Objet |
Livrable de séance |
| 1 |
Évaluer, repérer la violence, poser le cadre |
Violence recherchée, limites du secret dites |
| 2 |
Ce que coûte la colère, et le temps mort d'urgence |
Coût écrit, engagement, temps mort provisoire |
| 3 |
Le modèle de la colère |
Deux épisodes décomposés en six temps |
| 4 |
Les déclencheurs et les premiers signaux |
Échelle personnelle, signaux à 3 sur 10 |
| 5 |
Faire redescendre le corps |
Relaxation apprise, temps mort négocié |
| 6 |
Les pensées d'hostilité |
Trois lectures hostiles réexaminées |
| 7 |
L'injustice, les exigences et la rumination |
Phrases de secours, rumination mesurée |
| 8 |
Régler ce qui revient |
Un problème récurrent traité en six étapes |
| 9 |
Demander au lieu d'attaquer |
Une demande et un refus répétés en jeu de rôle |
| 10 |
La rancune, le pardon et la réparation |
Une réparation préparée, une rancune examinée |
| 11 |
L'exposition imaginée aux provocations |
Trois scènes hautes traversées sous activation |
| 12 |
Bilan et prévention de la rechute |
Plan écrit, mesures refaites |
Ce que la personne emporte. Dix fiches imprimables, listées à la section 38 : mon carnet de colère, ce que ma colère me coûte, mon échelle et mes signaux, mon temps mort et ma relaxation, les pensées qui allument, régler ce qui revient, demander, refuser, réparer, mes scènes d'entraînement, mon plan pour la suite, et une fiche pour les proches, qui leur est remise directement.
Ce qui distingue ce programme des autres manuels de ce site. Trois choses. La section 3, placée avant toutes les autres, qui organise le repérage de la violence dans le couple et dans la famille et qui peut suspendre ou réorienter le programme. Le refus explicite du défoulement, remplacé par la descente de l'activation. Et l'exposition imaginée aux provocations, qui transforme des compétences connues en compétences disponibles.
2. Avant de commencer
À qui ce programme est destiné
Ce texte s'adresse à des psychologues, psychiatres, psychothérapeutes et médecins formés à la thérapie cognitive et comportementale, qui reçoivent des adultes en consultation individuelle et qui ont accès à une supervision. Il suppose que vous sachiez poser des questions précises sur des comportements violents sans détourner les yeux, et tenir un cadre avec quelqu'un qui peut se mettre en colère contre vous.
Il n'est destiné ni aux personnes concernées ni à leurs proches. Pour elles, le site propose La colère : la comprendre et la réguler, et, pour les personnes qui subissent un contrôle ou des violences dans leur couple, Emprise et contrôle : reconnaître et en sortir.
Les quatre décisions préalables
Quelqu'un a-t-il peur de cette personne ? C'est la section 3, et c'est la seule question qui puisse arrêter le programme.
La colère est-elle le problème, ou le symptôme d'un autre ? Un épisode maniaque, une psychose, une lésion cérébrale, une intoxication ou un sevrage se traitent d'abord. Section 9.
Y a-t-il un risque immédiat pour la personne elle-même ? Idées suicidaires, conduite dangereuse, alcool. Section 11.
Et qui demande ? Une personne qui vient d'elle-même, une personne adressée par son conjoint, par son employeur ou par la justice ne se traitent pas de la même façon. La motivation se travaille, et elle se travaille d'abord. Séance 2.
Ce que ce programme ne traite pas
Une violence conjugale de contrôle. Il n'est pas un programme pour auteurs de violences conjugales, il ne remplace pas une réponse judiciaire, et il ne doit jamais servir d'argument pour qu'une victime reste. Section 3.
L'agressivité instrumentale, préméditée, qui sert à obtenir quelque chose. Voir Personnalité antisociale : manuel du thérapeute.
Un trouble de l'usage de l'alcool sévère, qui se traite d'abord ou en parallèle. Voir Trouble de l'usage de l'alcool : manuel du thérapeute.
L'enfant et l'adolescent, dont les accès relèvent d'un travail avec les parents. Voir Traiter le trouble oppositionnel avec provocation de l'enfant : manuel du thérapeute.
Et les crises d'une personne autiste, qu'on ne traite pas comme des accès de colère. Voir Autisme de l'adulte : manuel du thérapeute.
Comment l'utiliser
Lisez l'ensemble avant la première séance, en particulier les sections 3, 7, 17, 31 et 33 : la violence dans le couple et dans la famille, le modèle, le cadre, la relaxation et le temps mort, et l'exposition imaginée. Chaque séance est décrite selon la même charpente : l'objectif, le déroulé en étapes, ce que vous dites, les erreurs fréquentes, et le critère de passage.
Trois avertissements propres à ce motif de consultation.
Le patient minimise, et c'est la règle. « On se dispute comme tout le monde », « je ne l'ai pas frappée, je l'ai juste poussée ». Ce n'est pas nécessairement du mensonge : la honte et la mémoire de l'état de colère déforment. D'où les questions comportementales précises, et l'entretien séparé.
Le thérapeute est tenté de prendre parti, pour le patient dont on entend les blessures, ou contre lui dont on entend les actes. Les deux positions font échouer le travail. Vous pouvez reconnaître l'injustice subie et tenir fermement que la violence n'est pas une réponse acceptable.
Et la sécurité vous concerne aussi. Section 11.
3. Avant tout : la violence dans le couple et dans la famille
Pourquoi cette section est placée ici
Parce qu'elle est la seule qui puisse suspendre le programme, parce qu'elle est régulièrement sautée, et parce qu'une violence conjugale peut se présenter au soin sous ce motif précis : « j'ai un problème de colère ». Les méta-analyses retrouvent chez les hommes auteurs de violences conjugales des niveaux de colère et d'hostilité modérément plus élevés que chez les hommes non violents, y compris dans des couples en difficulté (Norlander et Eckhardt, 2005), et cette association vaut pour les auteurs des deux sexes (Birkley et Eckhardt, 2015). La colère est donc souvent présente. Elle n'explique pas tout, et c'est tout le problème.
Ce que ce manuel n'est pas
Il n'est pas un programme pour auteurs de violences conjugales. Ces programmes travaillent sur la responsabilité, le contrôle et le respect, ils s'inscrivent souvent dans une réponse judiciaire, et même eux obtiennent des effets modestes sur la récidive (Babcock et coll., 2004 et 2024). Un programme individuel de régulation de la colère n'a pas été conçu pour cela.
La « gestion de la colère » n'est pas la réponse adaptée à l'emprise. La violence de contrôle — ce que la sociologie appelle contrôle coercitif (Stark, 2007) — n'est pas une émotion qui déborde. C'est un système : isoler, surveiller, rabaisser, contrôler l'argent, menacer, faire peur, avec ou sans coups. Il s'exerce souvent à froid, et il choisit sa cible : rarement le supérieur hiérarchique, presque toujours le ou la partenaire. Apprendre à respirer ne touche pas le système. Les travaux de Johnson (2008) distinguent d'ailleurs cette violence de contrôle, qui tend à devenir plus fréquente et plus grave avec le temps, d'une violence situationnelle, faite de conflits qui dégénèrent sans que l'un cherche à contrôler l'autre, et qui peut, elle aussi, être grave. Ce qui les sépare n'est ni l'intensité de la colère ni l'existence de disputes : c'est le contrôle, avec la peur et la perte de liberté qu'il impose à l'autre.
Et un travail sur la colère peut aggraver la situation. Il peut rassurer la victime à tort (« il se soigne »), fournir un argument devant un juge, donner à l'auteur un vocabulaire pour déplacer la responsabilité (« tu sais bien que tu me déclenches »), et transformer le temps mort en arme. Ces dérives sont connues, et elles justifient le repérage qui suit.
Comment on repère
On pose les questions directement, à la première séance, à tout le monde. Pas « est-ce que vous êtes violent ? », qui obtient toujours « non », mais des questions comportementales : « Quand vous êtes en colère contre votre compagne, vous est-il arrivé de la pousser, de la retenir, de la secouer ? De lancer un objet dans sa direction ? De frapper un mur près d'elle ? De l'empêcher de sortir d'une pièce ? De lui serrer le cou, même brièvement ? »
On demande ce qui se passe hors des accès. « Est-ce que vous regardez son téléphone ? Est-ce que vous décidez de ses dépenses ? Peut-elle voir ses amis sans vous en parler ? » Ce sont les questions qui font apparaître le contrôle, qui ne se présente jamais comme un problème de colère.
On pose la question de la peur. « Est-ce que quelqu'un chez vous a déjà eu peur de vous ? » C'est la question la plus utile, et c'est celle qui tranche.
On cherche les antécédents — interventions de la police, plaintes, mesures de protection, procédures, séparation récente ou envisagée —, les armes, et toute la famille : parents âgés, fratrie, colocataires.
On cherche les enfants. Âge, présence pendant les accès, violences directes, peur. Un enfant exposé à la violence entre ses parents est concerné même lorsqu'il n'est pas visé : une méta-analyse de cent dix-huit études retrouve chez les enfants témoins des difficultés plus marquées que chez les enfants non exposés, et qui ne diffèrent pas significativement de celles des enfants physiquement maltraités (Kitzmann et coll., 2003).
L'entretien séparé
Pourquoi. Le récit du patient, même sincère, est incomplet. La personne qui vit avec lui sait si elle a peur, et elle ne le dira jamais devant lui.
Comment. On le propose à la première séance comme un élément ordinaire du programme. On voit le ou la partenaire seul, à un moment qu'il ou elle a choisi, sans que le patient attende dans la salle. On ne rencontre jamais le couple ensemble en premier.
Ce qu'on dit à la personne reçue. Ce que le programme peut et ne peut pas faire, et qu'il ne garantit pas sa sécurité. Que rien de ce qu'elle confie ne sera rapporté au patient. Et les ressources qui existent pour elle, indépendamment de lui : lignes d'écoute spécialisées, associations, services d'urgence.
Ce qu'on lui demande. Si elle a peur, et de quoi. Ce qui se passe pendant les accès. Si elle peut sortir, dépenser, voir qui elle veut. Si les enfants ont peur. S'il y a eu des gestes, des menaces, une arme, une strangulation.
Ce qu'on ne fait pas. Rapporter au patient ce qui a été dit. Lui demander de surveiller le patient ou de juger ses progrès. Lui confier la réussite du programme. Proposer une thérapie de couple.
Si le patient refuse, on le note, on n'en fait pas une condition absolue, et l'on revient à la question de la peur avec davantage de précision : un refus répété, accompagné d'une inquiétude sur ce que la partenaire pourrait dire, est une information clinique. Si la personne ne souhaite pas venir, on lui transmet, par un canal sûr et sans passer par le patient, les coordonnées d'une ligne d'aide et la fiche 10.
Ce que l'on décide ensuite
Aucune violence, aucune peur, aucun contrôle. Le programme se déroule tel qu'il est décrit.
Des gestes violents isolés, dans un contexte de conflit, sans contrôle et sans peur installée chez l'autre. Le programme est possible, à quatre conditions : le fait est nommé comme une violence, et non comme une colère ; un engagement explicite est pris — ni violence physique, ni menace, ni destruction pendant le programme ; le temps mort est négocié avec l'autre, pas imposé ; et la situation est revérifiée aux séances 6 et 12.
Un contrôle coercitif, une peur installée, des violences répétées. Ce n'est pas ce programme. On oriente vers un programme spécialisé pour auteurs de violences conjugales, là où il en existe, on s'assure que la personne exposée a reçu les coordonnées de dispositifs d'aide, et l'on dit au patient pourquoi. Un travail individuel sur la colère peut venir en complément, jamais à la place, et seulement coordonné avec ce dispositif.
Des signes de danger élevé. Strangulation, même une fois, menaces de mort, arme accessible ou menaces avec une arme, violences qui s'aggravent, séparation récente ou envisagée, jalousie obsédante, harcèlement, violences pendant une grossesse, rapports sexuels imposés, menaces de suicide de l'auteur. Plusieurs de ces éléments sont associés à un risque d'homicide nettement accru (Campbell et coll., 2003 ; Glass et coll., 2008). La conduite devient une conduite d'urgence : protection des personnes exposées, dispositifs spécialisés, et, selon la situation et la loi de votre pays, services d'urgence ou autorités.
Les obligations de protection
Elles varient selon les pays, et vous devez les connaître avant la première séance : ce que la loi vous oblige ou vous autorise à signaler, et à qui.
Pour les adultes victimes, l'Organisation mondiale de la santé ne recommande pas le signalement obligatoire de la violence conjugale à la police par les soignants, et recommande de proposer ce signalement à la personne si elle le souhaite (World Health Organization, 2013). Certaines législations prévoient des exceptions, notamment en cas de danger immédiat.
Pour les enfants, la plupart des pays prévoient une procédure d'information des services de protection de l'enfance lorsqu'un enfant est en danger, et l'exposition aux violences conjugales en fait souvent partie.
Dans tous les cas, les limites du secret sont dites au patient avant les questions sur la violence, ce qui est constaté est noté précisément, et une décision de signalement se prend avec un avis, jamais seul si on peut l'éviter.
Ce que vous dites au patient
« Je vais vous poser des questions précises sur ce qui se passe quand vous êtes en colère, y compris sur des gestes. Je les pose à toutes les personnes que je reçois pour ce motif, parce que la réponse change ce que je peux vous proposer. »
« Ce que vous me décrivez n'est pas une colère mal gérée. C'est une violence, et c'est un problème d'une autre nature. Je ne vous laisse pas tomber : je vous oriente vers ce qui a été conçu pour ça. »
Toutes les configurations
La violence de contrôle est le plus souvent exercée par des hommes sur des femmes, et les formes les plus graves touchent surtout des femmes. Elle existe dans toutes les configurations, y compris dans les couples de même sexe. Les questions de repérage et la conduite sont les mêmes.
4. Quatre tableaux à ne pas confondre
1. La colère ordinaire, même intense
Des colères occasionnelles, proportionnées, qui retombent, sans gestes ni menaces. La personne se trouve « trop colérique » sans que rien, dans sa vie, n'en souffre vraiment. Ce qui oriente : l'absence de conséquences. Ce que cela implique : de l'information, et éventuellement La colère : la comprendre et la réguler. Pas ce protocole.
2. La colère problématique
Des colères fréquentes, intenses ou longues — cris, insultes, sarcasmes, silence punitif, rancune durable — qui abîment les relations, le travail ou la santé, souvent associées à un autre trouble. Ce qui oriente : le retentissement, sans que les seuils du trouble explosif intermittent soient nécessairement atteints. Ce que cela implique : ce programme, une fois traité ce qui doit l'être d'abord.
3. Le trouble explosif intermittent
Des accès brefs, soudains, sans commune mesure avec ce qui les déclenche, verbaux ou physiques, non prémédités, suivis le plus souvent de regret ou de honte, chez une personne parfois calme entre les accès. Ce qui oriente : le caractère explosif et la répétition. Section 8. Ce que cela implique : ce programme, dans son format complet.
4. La violence de contrôle
Une personne présentée comme « colérique », mais dont les accès visent toujours la même personne, ne surviennent jamais au travail ni devant des témoins, et s'accompagnent de surveillance, de jalousie, d'un contrôle de l'argent ou des fréquentations. L'autre a peur. Ce qui oriente : la sélectivité de la cible, la peur, la perte de liberté de l'autre. Ce que cela implique : section 3, pas ce programme.
Les trois autres choses à avoir écartées
Une cause organique — lésion cérébrale, démence débutante, maladie neurologique —, surtout quand le caractère a changé à l'âge adulte. Une substance — alcool, stimulants, certains médicaments, sevrages. Et un épisode de l'humeur : une irritabilité récente, avec baisse du besoin de sommeil ou accélération, fait chercher un épisode maniaque ou hypomaniaque.
Les trois questions du tri
« Contre qui, et où ? » Une colère qui éclate partout est un problème de régulation ; une colère qui ne vise qu'une personne, à la maison, fait d'abord poser la question du pouvoir.
« Est-ce que quelqu'un a peur de vous ? » Elle isole la violence.
« Depuis toujours, ou depuis un moment précis ? » Elle oriente vers un trouble ancien, un trouble de l'humeur, un traumatisme, une lésion ou une substance.
5. Les dimensions de la colère problématique
Cinq paramètres
La fréquence, l'intensité — jusqu'où, et à quelle vitesse —, la durée — quelques minutes ou plusieurs jours de rancune —, l'expression — cris, insultes, menaces, destruction, gestes, conduite dangereuse, sarcasme, silence punitif, colère retournée contre soi —, et les conséquences, qui décident du traitement.
Colère, hostilité, agressivité
La colère est une émotion : une activation déclenchée par une atteinte perçue, qui pousse à agir. L'hostilité est une attitude : une disposition durable à voir les autres comme malveillants ou méprisables. L'agressivité est un comportement : l'acte qui vise à nuire. On peut être très en colère sans agresser, et agresser sans être en colère. Le programme vise les trois, et les mesure séparément.
Deux formes d'agressivité
L'agressivité réactive, ou impulsive, répond à une provocation perçue, n'est pas planifiée, et est souvent regrettée : c'est celle du trouble explosif intermittent, et celle que vise ce programme. L'agressivité instrumentale est planifiée et sert un but ; elle ne relève pas d'une régulation de la colère. Les deux coexistent chez certaines personnes, et c'est leur proportion qui oriente la conduite.
La colère rentrée
Une partie des patients ne crient jamais : ils accumulent, ruminent, se taisent, puis explosent sur un détail ou retournent la colère contre eux. Ils consultent plutôt pour ses effets — tension, insomnie, dépression, rupture soudaine. Le programme s'applique à eux, avec un accent sur l'affirmation de soi. Séance 9.