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AutismePour soi35 min de lecture

Suis-je autiste ? Le TDAH à l'âge adulte

Deux questions qui arrivent souvent ensemble, à trente ou à cinquante ans. Ce que sont vraiment le TDAH et l'autisme chez l'adulte, ce qui les distingue de la fatigue, de l'anxiété ou de la dépression, ce que change un diagnostic — et un questionnaire d'orientation pour savoir si une évaluation est indiquée.

En bref

Ce guide s'adresse aux adultes qui se demandent s'ils sont autistes, s'ils ont un trouble du déficit de l'attention, ou les deux. Il décrit ce que ces deux conditions sont réellement à l'âge adulte, ce qu'elles ne sont pas, pourquoi tant de diagnostics arrivent tard — en particulier chez les femmes —, comment se passe une évaluation et ce qu'elle change. Il propose enfin un questionnaire d'orientation, bâti sur les domaines retenus par les classifications internationales, dont le seul but est de dire si consulter est justifié.

Thématique
Autisme · TDAH
Pour qui
Pour soi
Langues
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Le programme

Ce guide est un contenu psychoéducatif. Il ne remplace ni une consultation ni un diagnostic, et aucun questionnaire ne peut poser un diagnostic d'autisme ou de TDAH : seul un professionnel formé le peut, après un entretien approfondi. Si vous allez mal, si vous pensez à mourir, n'attendez pas d'avoir une étiquette : parlez-en à votre médecin, le jour même. Comptez trente-cinq minutes de lecture.

1. Avant de commencer

Vous êtes tombé sur une vidéo. Ou une amie vous a dit : « tu ne serais pas un peu TDAH, toi ? ». Ou votre enfant vient d'être diagnostiqué et, en lisant le compte rendu, vous avez eu l'impression de lire votre propre biographie.

Ensuite vous avez fait des tests en ligne, lu des témoignages, et vous ne savez plus quoi penser. C'est le point de départ le plus fréquent, et il n'a rien de ridicule : une part importante des adultes concernés n'a jamais été repérée dans l'enfance.

Trois choses, d'emblée.

Se reconnaître dans une description n'est pas un diagnostic. Les difficultés d'attention, la fatigue sociale, la sensibilité au bruit, la procrastination existent chez presque tout le monde à un degré ou un autre. Ce qui fait la différence n'est pas la présence de traits, mais leur intensité, leur ancienneté, leur présence dans plusieurs domaines de la vie, et le retentissement réel qu'ils ont.

Ces deux conditions ne sont pas des maladies passagères. Ce sont des particularités du développement, présentes depuis l'enfance, même quand personne ne les a vues. Elles ne s'attrapent pas à trente ans.

Se poser la question est utile même si la réponse est non. Beaucoup de gens arrivent avec la question « suis-je autiste ? » et repartent avec l'identification d'une anxiété, d'une dépression, d'un trouble du sommeil ou d'un épuisement professionnel — c'est-à-dire avec quelque chose qui se traite.

À qui s'adresse ce guide

À vous, si vous vous demandez depuis des mois si votre façon de fonctionner a un nom.

À vous, si votre enfant a été diagnostiqué et que cela a déclenché des questions vous concernant.

À vous, si vous avez déjà un diagnostic et que vous voulez comprendre ce qu'il implique, ou ce qu'il n'implique pas.

Ce que ce guide n'est pas

Ce n'est pas un outil de diagnostic. Le questionnaire qu'il propose oriente, il ne conclut pas.

Ce n'est pas une reproduction des critères officiels : ceux du DSM-5 et de la CIM-11 sont reformulés dans nos propres mots, jamais recopiés.

Ce n'est pas non plus une prise de position sur la question de savoir si l'autisme est un trouble ou une différence. Ce guide utilise le vocabulaire médical parce qu'il parle d'évaluation et de soins, et il respecte le fait que beaucoup de personnes concernées préfèrent parler de fonctionnement plutôt que de déficit.

Comment il est construit

Partie I — Comprendre (sections 2 à 6). Pourquoi ces deux questions arrivent ensemble, ce qu'est le TDAH adulte, ce qu'est l'autisme adulte, ce qui les rapproche et les sépare, et pourquoi tant de diagnostics sont tardifs.

Partie II — Écarter et vérifier (sections 7 à 11). Ce qui ressemble à ces conditions sans en être, ce qui les accompagne souvent, le questionnaire d'orientation, ce que vaut un questionnaire, et comment se passe une évaluation.

Partie III — Ensuite (sections 12 à 18). Ce que change un diagnostic, ce qui aide pour le TDAH, ce qui aide pour l'autisme, le travail, la vie relationnelle, les traitements, et l'autodiagnostic à l'heure des réseaux sociaux.

Partie IV — Repères (sections 19 à 22). Quand consulter sans attendre, les questions fréquentes, l'essentiel et les sources.

2. Pourquoi ces deux questions arrivent ensemble

Ce n'est pas un hasard si ce guide traite les deux.

Elles coexistent souvent. Les classifications actuelles reconnaissent explicitement qu'une même personne peut présenter un trouble du spectre de l'autisme et un trouble déficitaire de l'attention. Jusqu'en 2013, le double diagnostic était exclu par convention ; cette exclusion a été levée, et les études qui ont suivi ont montré que la co-occurrence est fréquente.

Elles se présentent de la même manière à l'âge adulte. Dans les deux cas, ce qui amène à consulter n'est presque jamais la difficulté de base : c'est l'épuisement, l'anxiété, la dépression, les relations qui échouent, la carrière qui plafonne, ou un enfant diagnostiqué qui sert de miroir.

Elles partagent des conséquences. Fatigue, sentiment d'être à côté, impression d'avoir dû fournir un effort constant pour faire ce que les autres font sans y penser.

Elles se confondent facilement. Ne pas écouter en réunion peut venir d'une attention qui décroche, ou d'une surcharge sensorielle et sociale. Le résultat visible est le même ; le mécanisme n'est pas le même, et la réponse non plus.


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Questions fréquentes

Peut-on découvrir un TDAH ou un autisme à quarante ou soixante ans ? On ne le développe pas à cet âge, mais on peut le découvrir : les critères exigent que les difficultés existent depuis l'enfance, pas qu'elles aient été repérées. Beaucoup d'adultes ont compensé longtemps, jusqu'à ce que les exigences dépassent les compensations.

Je me reconnais dans presque tout ce que je lis. Est-ce un signe ? Pas en soi. Les descriptions grand public sont écrites pour parler au plus grand nombre, et beaucoup de traits sont universels à faible intensité. Ce qui compte, c'est l'ancienneté, la présence dans plusieurs domaines de vie et le retentissement réel — c'est précisément ce que le questionnaire vérifie.

Peut-on avoir les deux ? Oui. Le double diagnostic est reconnu depuis 2013 et il est fréquent. Il vaut mieux évaluer les deux d'emblée que de traiter l'un et de s'étonner que tout ne s'arrange pas.

Un test en ligne peut-il suffire ? Non, y compris le nôtre. Les instruments de repérage sont réglés pour ne manquer personne, donc ils sur-repèrent. Ils disent s'il faut consulter, pas ce que vous avez.

Le bilan neuropsychologique donne-t-il la réponse ? Il éclaire un profil cognitif, il ne pose pas à lui seul le diagnostic. On peut avoir un TDAH avec des résultats normaux à ces tests, notamment dans un environnement calme et nouveau — c'est-à-dire exactement la situation d'un bilan.

À quoi bon un diagnostic si rien ne change ? Beaucoup de choses changent : l'accès à des aménagements, à un traitement quand il est indiqué, à un accompagnement adapté, et la relecture de sa propre histoire. Mais si vous n'avez besoin d'aucun de ces éléments, il est légitime de ne pas faire la démarche.

Est-ce que je dois le dire à mon employeur ? Rien ne vous y oblige dans la plupart des situations. Vous pouvez demander des aménagements en décrivant vos besoins, sans mentionner de diagnostic. Renseignez-vous d'abord sur les dispositifs de votre pays.

Mon enfant vient d'être diagnostiqué et je me reconnais. Que faire ? C'est l'une des portes d'entrée les plus fréquentes, et c'est une bonne raison de consulter : la forte composante héréditaire du TDAH rend ce scénario banal. Cela aide souvent aussi l'enfant, parce qu'un parent qui comprend de l'intérieur accompagne autrement.

Les traitements du TDAH sont-ils dangereux ou addictifs ? Ce sont des médicaments encadrés, qui demandent une évaluation médicale et un suivi, avec des effets indésirables possibles. Les données disponibles montrent un bénéfice net sur les symptômes chez l'adulte. La discussion du rapport bénéfice-risque appartient à votre médecin, avec vous.

Peut-on « guérir » de l'autisme ? Non, et ce n'est pas l'objectif. Ce qui s'améliore, ce sont l'environnement, les aménagements, l'estime de soi et les troubles associés. Les approches qui promettent une disparition de l'autisme ne reposent sur aucune preuve.

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