Aider un proche déprimé
Quelqu'un que vous aimez ne se lève plus, ne répond plus, refuse tout ce que vous proposez — et vous ne savez plus si vous devez insister ou vous taire. Ce guide dit ce qui aide réellement, ce qui aggrave sans qu'on le veuille, comment parler des idées suicidaires, comment amener quelqu'un aux soins sans le forcer, et comment tenir soi-même sans y laisser sa santé.
En bref
Ce guide s'adresse aux proches d'une personne déprimée : conjoint, parent, enfant devenu adulte, ami, collègue. Il part de ce que la recherche a établi : poser directement la question du suicide n'augmente pas le risque, les critiques répétées favorisent la rechute, l'aide concrète vaut mieux que les encouragements, et l'accompagnement aux soins compte plus que le conseil de consulter. Il décrit aussi ce qui épuise les proches, comment se répartir la charge, et quand appeler à l'aide sans attendre.
- Thématique
- Dépression & humeur
- Pour qui
- Pour un proche
- Langues
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Le programme
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Questions fréquentes
Est-ce que je risque de lui donner l'idée si je parle du suicide ? Non. C'est la crainte la plus fréquente, et les études qui l'ont testée ne montrent pas d'augmentation des idées suicidaires après avoir posé la question. Le plus souvent, la personne est soulagée qu'on ose. Posez-la directement et calmement : « est-ce que tu penses au suicide ? »
Jusqu'où dois-je insister pour qu'il consulte ? Insistez sur la proposition, pas sur la personne : reproposez régulièrement, en changeant la forme et en abaissant la marche — le médecin traitant plutôt qu'un spécialiste, une seule consultation plutôt qu'un parcours, vous qui l'accompagnez plutôt que lui qui organise. Évitez les ultimatums, qui sont rarement tenus et qui abîment durablement.
Est-ce que je dois le laisser dormir ou le pousser à se lever ? Ni l'un ni l'autre sous forme de consigne. Proposez une raison de se lever, courte et partagée : un café ensemble, une course, un trajet. Un lever à peu près régulier aide réellement, mais il s'obtient par des invitations, pas par des injonctions.
Il refuse toutes mes propositions. Dois-je arrêter d'en faire ? Non, mais changez de format : plus petit, avec vous, à une heure précise, et plutôt en fin de journée qu'au réveil. Un refus sur trois est normal. Ce qui use, ce n'est pas le refus, c'est de le commenter.
Je fais tout à sa place. Est-ce que c'est une erreur ? C'est le piège le plus fréquent. Faire à la place soulage l'instant, vous épuise, et retire à votre proche les occasions d'agir, alors que l'action est justement ce qui le sortira de l'épisode. La règle : faire avec, plutôt que faire à la place, et laisser ce qu'il peut encore assumer.
Est-ce que je peux appeler son médecin sans son accord ? Oui, vous pouvez transmettre ce que vous observez. Le secret médical empêchera le professionnel de vous répondre, mais il peut vous écouter ou lire votre courrier, et cette information change souvent la consultation. Dites-le à votre proche plutôt que de le faire en cachette, quand c'est possible.
Il va mieux et veut arrêter son traitement. Que faire ? Ne tranchez pas à sa place et ne vous y opposez pas frontalement : renvoyez au prescripteur. Un traitement se poursuit en général plusieurs mois après l'amélioration, et son arrêt se fait progressivement, par paliers, avec le médecin. « Dis-le-lui et demande comment on s'y prend » est la bonne réponse.
Que dire aux enfants ? La vérité, avec des mots simples et adaptés à leur âge, en trois messages : ce qu'est la maladie, que ce n'est pas de leur faute, et que des adultes s'en occupent. Protégez leur quotidien, laissez-les continuer leurs activités, et ne les mettez jamais en position de surveiller ou de consoler un parent.
Je suis en colère contre lui, est-ce que c'est monstrueux ? Non, c'est fréquent et compréhensible. La colère est la réaction habituelle à l'épuisement et à l'impuissance. Elle devient nuisible seulement quand elle est niée : nommez-la à quelqu'un d'extérieur, régulièrement, et elle sortira beaucoup moins chez vous.
Est-ce que je peux partir en week-end pendant qu'il va mal ? Oui, sauf s'il existe un risque immédiat, auquel cas vous organisez une présence. Vous avez besoin de souffler pour tenir ; les proches qui s'interdisent tout finissent par s'effondrer ou par devenir durs, et les deux sont pires pour tout le monde.
Il me dit des choses très dures. Dois-je tout encaisser ? Non. L'irritabilité fait partie de la maladie, et vous n'êtes pas tenu d'absorber des insultes quotidiennes. Ne répondez pas sur le moment, revenez plus tard sur le fond, et dites ce que vous ne pouvez pas encaisser. En cas de violence ou de menaces, mettez-vous à l'abri et appelez de l'aide.
Combien de temps cela va-t-il durer ? Cela dépend de la sévérité et de la rapidité de la prise en charge. Avec un traitement adapté, l'amélioration est en général nettement plus rapide que sans. Ce que vous pouvez influencer, c'est le délai avant les soins — et c'est l'un des rares facteurs qui compte vraiment.